11-Novembre : Chartres continue d’ignorer la loi de séparation des Églises et de l’État

Invité pour la première fois à représenter la Région Centre-Val-de-Loire aux commémorations du 11-Novembre à Chartres, j’ai eu la surprise de découvrir que le programme de cette cérémonie républicaine comprenait un passage par un office à la cathédrale. Ayant désormais l’occasion de croiser de nombreux élus municipaux de la région, j’ai interrogé des collègues tourangeaux, castelroussins, orléanais ou encore blésois : Chartres fait bien exception avec cette « tradition » d’avant la loi de séparation des Églises et de l’État (votée en décembre 1905) !

—-

PROGRAMME BUTTE DES CHARBONNIERS

Arrivée des autorités

Revue des troupes par le Délégué militaire départemental

Lecture du message de Madame la Ministre des Armées

Lecture des noms des morts pour la France

Dépôt de gerbes

Hommage aux morts

Ravivage de la flamme par Madame le Préfet

Départ en cortège vers la cathédrale Notre-Dame de Chartres

—-

Je précise que que c’est face au portail ouest de la cathédrale que j’ai quitté le cortège officiel, après avoir salué le tout jeune sous-préfet à qui j’ai précisé que le principe même de la laïcité m’interdit de pénétrer dans l’édifice chrétien en la circonstance.

Jean-François Bridet

9 Commentaires

  1. Conseiller districal sous l’ère de G.Lemoine, je recevais déjà une invitation du même type et me suis posé la même question sans la poser aux officiels, pensant sans doute que j’avais l’esprit « tordu ». Certains conseillers se rendaient à la cathédrale, d’autres, comme moi qui n’ai pas reçu d’éducation religieuse, pas. Je me pose aussi cette question sur l’implantation d’une croix au milieu de certains cimetières (pas tous, pourquoi ?) ou fixées au portail de ceux-ci (pas tous, pourquoi ?). Que pense une famille qui enterre un défunt non chrétien ou non croyant dans un tel cimetière ? La laïcité peut-elle être appréciée par « pallier ». Quant à moi, c’est probablement mon prénom qui m’a rendu progressivement tolérant ! Vous pourrez constater que mon intervention est souvent ponctuée par le point d’interrogation, je n’ai aucune certitude, d’ailleurs y en a-t-il une ?
    Et vous enseignants des collèges et lycées publics, votre avis sur les aumôneries dans vos établissements ?

  2. Le problème que je soulève n’est pas que se tienne un office religieux mais que celui-ci soit intégré au programme officiel municipal…….

  3. Voilà une démonstration de la dérive « bien pensante » qui sous couvert de la défense de le laïcité mène à un laïcisme intolérant.
    Celui-ci n’est en réalité qu’un sectarisme qui se drape dans de faux airs de neutralité.
    Est-il besoin, au passage, de rappeler que les sermons et communions pour la neutralité ou le pacifisme ont mené aux deux guerres mondiales du XX ème siècle.

    Le fait d’assister – les représentants de l’État sont présents mais ne participent pas (prière, chants, etc.) – à un service religieux qui rend hommage non seulement aux Poilus mais aussi aux Morts pour la France de tous les conflits n’est pas faire du prosélytisme.
    Finalement il faudrait que tout le monde adopte un nouveau catéchisme liberticide ; à quand une « bonne » terreur ?

  4. Les trois réponses faites à Jean-François Bridet esquivent le sujet : les élus doivent s’en tenir à une commémoration laïque, et son réflexe est juste. Depuis Rimbaud (sonnet « Le Mal »), on sait que les « Te Deum » font passer la pilule des souffrances extrêmes des petites gens, celle des mères des soldats en particulier. Nul doute que les édiles actuels n’hésitent pas, au mépris de la loi, à s’approprier le décorum supplémentaire qu’apporte le sacré. Quand on assiste, dans les conseils, à leur comportement tordu à l’égard de ceux qui les interrogent dans l’exercice de leurs mandats, dérangeant leur conduite des (bonnes) affaires, on se dit qu’on est loin du compte du point de vue chrétien. Pour finir, depuis vingt ans, la mairie de Chartres n’a pas lésiné sur la fréquentation de la cathédrale, même si elle choque, nous le savons, les chrétiens sincères, par l’instrumentalisation touristique qu’elle a mis en place. N’oublions pas qu’un édifice en béton a été envisagé, sur le parvis de cette cathédrale qu’ils s’approprient. Quant à Sainte-Beuve, il s’agit d’un critique littéraire qui, après une oeuvre de sceptique et de moraliste, a laissé son patronyme en quelques lieux, et même quelques statues.

  5. Vous ne semblez pas comprendre le principe d’union sacré pendant la première guerre mondiale qui veut que le conflit autour de la loi de 1905 soit mis entre parenthèses. Beaucoup de soldats étaient catholiques et des prêtes sont morts pendant ce conflit pour la France. Refusez d’assister à cette messe n’est très pas respectueux de leur mémoire. Suite à cela les relations diplomatiques furent rétablis avec le Vatican et Jeanne d’arc canonisé. Les funérailles nationales ont lieu dans des églises. Pour des raisons logistiques, chaque réunion au monument aux morts dans chaque village n’est plus suivi d’une messe.

  6. Je ne suis pas bien sûr de comprendre à quoi vous faites allusion avec le terme « tradition ».

    Sauf erreur de ma part, c’est l’armistice de 1918 qui est commémoré le 11 novembre.

    Soit une date postérieure à la loi de 1905 …

  7. Pas bien sûr de la fiabilité des dires des collègues de la Région ; je n’ai vérifié sur la presse locale que pour Orléans :
    De 9 à 10 heures : office religieux en la cathédrale Sainte-Croix.
    De 10 heures à 10 h 30 : office religieux en la synagogue.
    10 h 30 : rassemblement rue Robert-de-Courtenay.
    11 heures : commémoration au monument de la Victoire.
    16 h 30 : concert gratuit de la Musique municipale, place Sainte-Beuve à La Source

    De façon générale, j’ai tj vu des messes le 11 novembre un peu partout et notamment à Versailles.
    Je ne juge pas ici du bien-fondé ; je constate simplement que la loi de 1905 souffre de dérogation lorsqu’il s’agit d’honorer les morts pour la France.
    Chartres ne fait pas du tout exception si on s’en tient aux faits. Libre à chacun de vérifier et d’en penser ce qu’il veut.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*