La mémoire du « 9-11 » (20)

Massoud l'Afghan. DR.

J’étais à mon travail. Le matin, j’avais eu une formation « Utilisation des extincteurs ». Un collègue et moi avions allumé un feu, et nous nous étions entraînés à l’éteindre. C’était vers 11 heures. Vers 13-14 heures, dans le bureau du directeur, nous regardions la télé : les tours de New York étaient en feu. C’était surréaliste. On n’y croyait pas. On avait l’impression de voir un film. Après ma journée de travail, j’ai passé mon temps devant le poste de télé. J’ai le sentiment de vivre le début d’une drame, de quelque chose qui va faire très mal. je n’ai pas vraiment peur parce que c’est loin…

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J’étais à la bibliothèque. C’était un mercredi, je crois, en début d’après-midi. J’ai été prévenue par un collègue. Il m’a annoncé que des avions avaient foncé dans des gratte-ciels à New York. Au début, je ne l’ai pas cru. Je lui ai dit : « Ce n’est pas possible, tu me racontes un truc de science-fiction ». Le soir, je suis restée à l’écart de la télé. Les enfants étaient petits, je ne voulais pas qu’ils voient les images horribles. En janvier 2015, quand a eu lieu le massacre au siège de Charlie Hebdo, c’est également un collègue qui m’a appris la mort de Cabu. Là encore, je n’y croyais pas…

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Je m’en souviens très précisément, il devait être 14h-14h30, je travaillais dans un bureau aux télécoms, je faisais de la formation. J’ai reçu un appel téléphonique de mon chef : « Brigitte, est-ce que tu es au courant ? Je ne sais pas ce qui se passe… À la télé, on voit des images de tours en feu… À l’époque, on n’avait pas tellement Internet, on n’avait pas le réflexe Internet. C’est une voisine, vers 18 heures, qui m’a annoncé que des avions avaient explosé contre des gratte-ciels à New York. Avec mon mari et nos deux enfants, nous sommes restés scotchés devant le poste de télé, à ne plus pouvoir s’en décoller. On avait besoin de savoir. J’étais abasourdie, d’autant que deux jours auparavant avait été assassiné le commandant Massoud. J’avais été très attristée. Les médias évoquaient le monde d’après, ça me terrifiait, surtout pour mes enfants.

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Moi, j’étais dans le Tarn-et-Garonne, en famille. Sur le coup, je n’ai conservé pratiquement aucun souvenir. C’est seulement les jours d’après, en suivant tous les reportages télévisés, que j’ai pris conscience de la gravité de la situation. Les médias ont rappelé qu’en 1993, Al-Qaïda avait déjà réalisé un attentat au pied des tours jumelles. À l’époque, il y avait eu un ou deux morts. Le 11 septembre n’était donc pas un truc inattendu. J’ai replacé l’événement dans cette suite logique.

La mémoire du « 9-11 » (1)
La mémoire du « 9-11 » (2)
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« 9-11 »
Il y a 19 ans…

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