Malthus : le banquet de la nature

: Malthus, Essai sur les principes de population
 

Thomas Robert Malthus, suite. Aujourd'hui je vous laisse apprécier le fameux passage du « banquet de la nature » de la première édition de son « Essai sur les principes de population », première édition publié en 1798.

« Un homme qui est né dans un monde déjà possédé, s'il ne lui est pas possible d'obtenir de ses parents les subsistances qu'il peut justement leur demander, et si la société n'a nul besoin de son travail, n'a aucun droit de réclamer la moindre part de nourriture, et, en réalité, il est de trop.
Au grand banquet de la nature, il n'y a point de couvert vacant pour lui ; elle lui ordonne de s'en aller, et elle ne tardera pas elle-même à mettre son ordre à exécution, s'il ne peut recourir à la compassion de quelques convives du banquet. Si ceux-ci se serrent pour lui faire place, d'autres intrus se présentent aussitôt, réclamant les mêmes faveurs. La nouvelle qu'il y a des aliments pour tous ceux qui arrivent remplit la salle de nombreux postulants.
L'ordre et l'harmonie du festin sont troublés, l'abondance qui régnait précédemment se change en disette, et la joie des convives est anéantie par le spectacle de la misère et de la pénurie qui sévissent a dans toutes les parties de la salle, et par les clameurs importunes de ceux qui sont, à juste titre, furieux de ne pas trouver les aliments qu'on leur avait fait espérer. »

Ce passage fut retiré par l'auteur dans l'édition de 1803 mais la « philosophie » de ce texte perdurera, notamment, à travers ce que l'on appellera le malthusianisme !

À suivre.

K.

« L'économie politique pour tous » afin de rappeler que l'économie n'est pas une science dure...

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