Hebdosports : par la petite porte…

Le départ en catimini de Federer, les espoirs de Froome, un « rival » marseillais pour Neymar, un tout-droit pour Hamilton… L’actualité sportive vue par les mots et les chiffres.

Des mots…

Catimini. « Beaucoup de gens disent que parce que c’est Roger Federer, il fait ce qu’il veut. Il a gagné ce droit, et je le comprends, mais je n’aime toujours pas ça. » En une phrase, John McEnroe a résumé (sur le site du New York Times) ce que l’on peut penser du départ en catimini de la porte d’Auteuil du champion suisse. Car on peut imaginer qu’un tel renoncement de tout autre concurrent que lui (et de quelques autres ténors) aurait été autrement commenté et peut-être condamné. On reconnaîtra à Roger Federer de n’avoir pas chercher à maquiller son départ en invoquant une blessure. Non, non, il n’était pas blessé. Seule explication qu’il a consenti à donner : «Il est important que j’écoute mon corps et que je n’aille pas trop vite dans le retour à la compétition » avant d’ajouter qu’il était « ravi d’avoir gagné trois matches.» Merci Rodgeur, c’est gentil mais on aurait préféré mieux.
Il n’empêche, malgré tout ce qu’il a pu apporter au tennis mondial, ses succès, ses revers à une main, ses coups droit, son style, son calme, son fair-play, sa gentillesse, son élégance et tout ce que a fait sa popularité, on ne pourra s’empêcher de penser que Roger Federer a quitté Roland-Garros par la petite porte. Car à bientôt 40 ans (le 8 août), il est probable qu’il ne reviendra plus sur la terre battue parisienne. Et le public, le plus souvent acquis à sa cause, aurait sûrement préféré lui réserver l’ovation qu’il aurait mérité en guise d’adieux.
Alors peu nous importe les raisons qui l’ont poussé à s’en aller sans au-revoir après un 3e tour poussif : une programmation nocturne qui ne lui aurait pas plu, la crainte de prendre une tôle contre Djokovic en quart, vite préparer Wimbledon pour le gagner pour rester devant Nadal au nombre de Grand Chelem… On imagine que le Suisse avait programmé son forfait. On retiendra d’ailleurs son comportement à la limite de la nonchalance lors de ses deux premiers matches, comme si trop sûr de lui ou juste concerné, il n’était là qu’à l’entraînement. On s’étonnera également de sa réaction trop hautaine après l’avertissement reçu pour retour trop lent sur le court au 2e tour : « Tu m’as déjà vu lent ? 1 200, 1 400 matches (…) Tu m’as jamais vu jouer ? (…) Mais tu m’écoutes ou tu parles (…) Je t’ai écouté, maintenant tu m’écoutes… » avait-il répliqué à l’arbitre. En clair, « tu sais qui JE suis… » Pas très élégant, on en conviendra. Par la petite porte, on vous dit. Dommage…

Espoir. « Je sais que je peux retrouver de bonnes sensations, c’est ce qui continue de me pousser à me lever chaque matin. » Depuis qu’il a repris sa place dans le peloton après sa grave chute dans le Dauphiné 2019, Chris Froome ne désespère pas de retrouver les sommets et pourquoi pas de remporter un cinquième Tour de France et de compléter le quatuor Anquetil-Merckx-Hinault-Indurain pour former le club des Cinq. L’espoir fait vivre. Et courir…

Aie ! Neymar… « C’est un joueur unique. Il est technique et possède une vision du jeu exceptionnelle. Il n’y en a pas d’autres comme lui, même parmi les Brésiliens qui jouent en Europe. » Casagrande, ex-joueur des Corinthians et désormais consultant à El Globo, ne tarit pas d’éloges sur Gerson, le Brésilien qui vient de signer à l’OM. Aie ! Neymar n’a qu’à bien se tenir…

Timbale. « On va travailler avec tous les gens qui s’investissent dans la formation et j’espère qu’on va continuer à sortir des champions et qu’on pourra décrocher la grosse timbale. » A défaut de retrouver son plus haut niveau, Jo-Wilfried Tsonga va s’investir dans la formation pour redonner une place un peu plus glorieuse au tennis français. Bon courage Djo…

Trop. « Au lieu de retirer l’accréditation d’un sparing (sic : ça prend 2 r)) qui prend un selfie et met l’ambiance sur des matches, vous devriez penser à faire votre boulot (…). Une programmation de meeeeerde. » Quand Benoît Paire en remet une couche : d’abord sur la programmation de son match (perdu) du troisième tour de double en soirée (et donc sans public) et pour contester l’exclusion deux jours avant de son partenaire d’entraînement qui avait enflammé un peu trop bruyamment l’ambiance et avait fait un selfie avec lui. Hé, Benoît, à la fin, les coups de gueule, ça lasse…

…et des chiffres

14. C’est en centièmes de secondes le « rapproché » de Shelly-Ann Fraser-Pryce du record du monde du 100 m de Florence Griffith-Joyner. La Jamaïcaine a couru à Kingston en 10 secondes 63 contre 10 secondes 49 pour l’Américaine (décédée en 1998), record datant de… juillet 1988. « Je n’étais pas venue ici pour courir aussi vite » a t-elle commenté. Alors pourquoi pas sous les 10 »49 à Tokyo…

15. Il a beau être sept fois champion du monde, en course pour un huitième titre, Lewis Hamilton peut aussi faire des erreurs. Dimanche, à Bakou, alors qu’il repartait en tête après la neutralisation de la course, le Britannique a totalement raté premier virage. Il a expliqué avoir involontairement touché le bouton relançant le système de freinage électronique. Du coup, il il a fait un tout droit comme un débutant et a terminé 15e…

30. Trente, c’est le nombre de titres qu’a remporté l’équipe féminine de l’Olympique lyonnais : 14 de champion de France, 7 de Ligue des champions et 9 Coupes de France. Le PSG a mis un terme à la série de succès hexagonaux et Barcelone a bouté les Lyonnaises de la finale européenne. Comme une fin de cycle….

1998. Cette année là, elle avait 16 ans et des perles dans les cheveux sur le central de Roland-Garros. C’était en 1998. Aujourd’hui, Serena Williams a 39 ans. Dimanche sur la terre battue de la Porte d’Auteuil, elle a subi la loi en deux manches de la Kazakhe Elena Rybanyka, tout juste 21 ans. Même si l’Américaine s’en dédit, ça sent quand même la fin de carrière…

(sources : L’Equipe, Le Parisien/Aujourd’hui, Ouest-France, sites internet)

JHD

2 Commentaires

  1. En complément à « trop » il faut noter que le sparring en question était Samuel Brosset. Très souvent, il met aussi l’ambiance au Tournoi de bonne année (TBA) à Chartres.C’est un joueur spectaculaire mais le tennis actuel est très (trop?) aseptisé.

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