Tous les coups ne sont pas permis

Cimetière de Levallois-Perret, en face de la tombe de Louise Michel, héroïne de la Commune de Paris.

Le dernier conseil municipal, celui du 27 mai, a été le théâtre d’une sorte de tribunal mis en scène par la majorité municipale et par le maire, comme si ces derniers n’avaient pas des tâches plus utiles à accomplir. Les cibles des tenants actuels du pouvoir sont loin d’être à terre, pour reprendre le titre de l’article qui rend compte de cet épisode : être candidat écologiste, c’est certes être accablé, harcelé, oui, mais la force intrinsèque qui anime celui-ci n’en ressort que mieux. C’est là l’hommage que le vice rend à la vertu.

La hantise de l’opposant

MM. Gorges et Lizurey, pour ne citer qu’eux, sont passés spécialistes dans l’art totalitaire (stalinien, j’insiste) de la propagande et des procès biaisés à l’encontre de leurs opposants ; c’est, en réalité, de la peur : ils reconnaissent au fond à ceux-ci le statut de souffleurs d’oxygène, sortes d’urgentistes susceptibles de convaincre un électorat de plus en plus sensible à l’idée que l’on pourrait vivre autrement, et à coup sûr mieux qu’avec leurs projets jamais débattus, démentiels, destructeurs, conduisant une communauté entière vers la faillite, pour ne pas dire plus. Les vidéos du Conseil municipal demeurent inaccessibles au public (auxquelles elles appartiennent pourtant tout autant qu’au maire ; il faudra y revenir), mais on se souvient que le général Lizurey, adjoint à la sécurité, a manifesté une malignité surprenante au cours des précédentes assemblées en interpellant Quentin Guillemain, qu’il ne pouvait connaître avant l’élection municipale. Que lui avait donc fait ce conseiller, à ce nouveau venu dans la gorgie ? On est alors resté sur cet étonnement.

Audition au Sénat

Cette agressivité de l’ancien gendarme forcément en service commandé par le président de l’agglo (le maire de Chartres, donc) contraste avec la politesse appuyée que le même homme, ce haut gradé, observe avec les membres de la commission sénatoriale du 11 septembre 2018 qui tentent de lui faire dire pourquoi il a accordé au garde du corps présidentiel Benalla le grade de lieutenant-colonel. La phrase récurrente est : « Cela n’entrait pas dans mon champ de compétences ». Spectacle assez rare d’évitement : il accumule dans ses réponses dilatoires à des constitutionnalistes précis les contradictions piteuses. Contrairement aux vidéos chartraines, cette séance est visible sur le net. Aujourd’hui, ce monsieur, recyclé par la mairie de Chartres à l’heure de la retraite, s’apprête à chapeauter rien moins que la vidéo-surveillance sur toute l’agglo, jusqu’au moindre village. Qui le sait ? Qui s’en soucie ?

L’aspiration au renouvellement

N’y aurait-il pas autre chose à faire ? Dans ce contexte, on ne peut que rendre grâce aux élus d’opposition écologiste et aux citoyens qui sont candidats aux Départementales, aux Régionales, dans le but de faire prévaloir d’autres priorités, de défendre des urgences autrement prégnantes. Qu’ont-ils dans la tête, ces caciques qui se reconnaissent « vieux » (M. Lizurey le dit à ses interrogateurs du Sénat, et fait l’éloge de la jeunesse) et pourtant s’accrochent à leurs sièges en faussant grossièrement tous les débats ? Qui instrumentalisent éhontément la question de la sécurité tout en contribuant à maintenir le feu qui couve. Qui ne se vantent pas des indemnités et autres jetons de présence dont l’addition écoeurerait même un salarié confortable. Ainsi que l’écrit un des correspondants de Cactus sur ce procès hors sujet, on peut douter de la légalité d’un tel procédé, qui consiste pour M. Gorges et ses complices à prendre en otages au moment du Conseil municipal des élus d’opposition (qui n’ont pas un accès aux médias égal, loin s’en faut, à celui dont jouit la majorité) afin de torpiller, croient-ils, leur campagne tout à fait loyale. C’est en tout cas contraire à la déontologie que doit observer celui qui a la charge de conduire les débats.

Ce qui se passe dans l’enceinte du Conseil à Chartres est grave. Mais les accusateurs de mauvaise foi installés à la mairie ne font que révéler d’eux-mêmes ce qu’ils dénoncent : la volonté cynique de garder le pouvoir, quoi qu’il en coûte (qu’on se le dise : ce qui se joue dans les deux élections des 20 et 27 juin, c’est la disponibilité de crédits et subventions, que la mairie passe son temps à traquer pour ses projets). Mais la réalité est ailleurs que dans ces basses combines : les propositions écologistes ont la grande supériorité de relier sauvetage climatique et vaste réparation sociale. Elles tracent une voie de courage et d’effort collectif, vitale pour ceux qui viendront après nous, qui sont déjà là, et qui nous regardent. Pour eux, les électeurs verront clair.

Chantal Vinet, présidente de l’association Chartres écologie.

7 Commentaires

  1. A propos de la triste vidéo de gorges:C’est dingue la captation du CM n’est plus publique, maispar contre elle est utilisée par la clique. Le CM est-il un évènement privé ? étrange comme pratique … Le droit à l’image est-il différent dans ces conditions,ne doit-on pas demander l’autorisation de diffusion à chaque personne visible sur ce type de propagande ?

  2. En ce beau mois de juin, le magazine « Chartres, votre ville » sort un n° 209 bien axé sur l’écologie : dès l’édito sont citées  » … des prairies fleuries … attirantes pour les abeilles et les insectes qui répandent la vie. »
    Faut-il en rire ou en pleurer ? Au moment des vives attaques en conseil du 27 mai, ce numéro partait à l’impression, avec une page 83 de tribune de la majorité laissée vierge au prétexte que « dans un esprit républicain, et afin de ne pas influencer votre vote aux élections … »
    Tout juste s’il n’est pas précisé : « vous voyez, nous n’avons pas les mêmes pratiques que nos opposants de Chartres écologie dont vous pouvez lire la tribune en page précédente ».

  3. La dernière vidéo de JPG sur Facebook est juste énorme. Concernant l’incident avec les intégristes, il dit qu’avant de monter aux cocottiers, il faut avoir soi-même les noix de cocos propres (il ne doit pas savoir pour la nomination de Benalla) et que vous n’êtes que sur des petits sujets et rien de fondamental. Pour conclure sur cette intervention, le « j’y suis pour rien, ce sont mes collistiers qui ont voulu s’exprimer » est assez pathétique pour une personne qui veut tout maîtriser

  4. Chartres à la sauce Levallois-Perret, c’est par qui, c’est pour quand ? Bientôt vu le fumet qui se dégage.

  5. L’Eure et Loir, c’est (devenu) la Corse, la mer en moins ! Et le Don Corleone du coin, c’est … c’est … c’est qui, Mon Cher Watson ?

  6. Merci pour cette belle synthèse, engagée et argumentée, qui doit éclairer les C’chartains, membres de cette communauté de vie, « emprisonnés » dans ce système clanique, a minima.
    Oui, vous pointez un des enjeux de ces élections départementales : que le pouvoir en place dans cette agglo de citoyens sous surveillance – et sous les menaces permanentes, dès qu’on esquisse un avis différent de celui-du-haut-de-sa-pyramide-des-pouvoirs – en tire de grands intérêts financiers.
    En effet, les finances de la ville-centre, de l’agglo, et des S.P.L ( dont les comptes sont inaccessibles aux citoyens) sont et vont le devenir de plus en plus, exangues.
    Toujours en recherche de fonds pour combler les trous des chantiers en cours : mairie qui aurait dû ouvrir voici près de 4 années ; future salle multi-modale, qui s’annonce avec un dépassement de budget initial à la hauteur des ambitions de cette équipe ; piscine où l’entretien et la remise en fonctionnement de la fosse de plongée ( fermée pour cause de fuites depuis pus d’une année)vont poser des soucis, et bien d’autres chantiers plus petits, l’argent du département pourrait servir de variable d’ajustement, pour tenter de combler les errances de ces folles dépenses.

    Alors, oui, voter pour cette « majorité départementale » qui, depuis le départ de M de Mongolfier, est réduite à obéir aux conseillers en place, autour du président Térouinard, conduirait très probablement, à une situation tendue du côté des finances de l’ensemble des euréliens.
    Après avoir élargi la base des l’agglo historique des 7 communes à 47, puis 66 communes, avec sans aucun doute une « vertu  » d’aspiration financière, c’est maintenant tout le département qui risque gros.
    Un tournant doit être pris dès les 20 et 27 juin, pour changer d’ère, et retrouver un sens commun à nos avenirs euréliens.
    Pour ma part, l’équipe d’Eure et Loir écologie me semble présenter un bon projet pour cela.
    Mais cela n’engage que moi.

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