Boulots de merde* : l’arithmétique contre l’armement

La vente de 30 avions de chasse RAFALE à l’Egypte nous est présentée comme une concession nécessaire faite par les idéaux démocratiques à la « réalpolitik » diplomatique, présentée comme une fatalité.

Pour faire passer la pilule, il est d’usage de préciser que, grâce à ce « juteux » contrat de 4 milliards (payé à 85% par un prêt garanti par la France, c’est à dire vous et moi…), 7 000 emplois seront générés durant trois ans.

Un rapide calcul permet de constater que cette somme permettrait dans une économie saine, allégée des dividendes d’actionnaires, de financer (charges sociales comprises) 30 000 emplois rémunérés à 2 000 euros par mois !

Tous comptes faits, il vaudrait mieux payer toutes ces personnes à ne rien faire (ou à créer, imaginer leur occupation dans le sens du bien commun), plutôt que de contribuer à semer la mort et la douleur de l’autre côté de la Méditerranée !

Jean-François Bridet

* traduction du titre du livre Bulshit jobs, écrit par David Graeber.

1 Commentaire

  1. Que vaut la vie d’un Egyptien (Sissi utilisera-t-il lesdits Rafale contre son peuple, contre ses voisins soudanais?) d’un Indien (l’Inde a aussi été cliente de Dassault pour 36 Rafale : triomphe de Hollande et de Valls, en 2016; aujourd’hui, une enquête pour corruption est en cours), d’un Malien? La honte et le non sens économique de cette industrie, si clairement mis en évidence, seront-ils enfin un sujet de la campagne présidentielle? Merci d’avoir lancé la réflexion, qui a la gravité de celle de nos choix écologiques et en est inséparable.

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