Plateformes assassines

L’installation de plateformes accrochées aux troncs des marronniers et des tilleuls parc André-Gagnon et des platanes de la Butte des charbonniers pour constituer un parcours aérien au-dessus du boulevard et du jardin n‘est pas anodine.

Certes, les grandes tiges métalliques encadrent le tronc sans y toucher. Cependant à y regarder de près, les petites cales en bois qui, sans doute, vont permettre à des cordages d’enserrer le tronc sont, elles, bien vissées dans l‘arbre. Et le bois de périphérie, juste sous l’écorce est le bois vivant. C’est là où circule la sève qui descend des feuilles pour rejoindre les racines. C’est cette partie qui croît vers l’extérieur, qui fait donc grossir le tronc. Trouer cette partie vivante revient à y faire entrer des champignons, des bactéries, bref à affaiblir l’arbre. Pas à le tuer, dans un premier temps.

Mais cela en dit long sur le respect de tout un patrimoine qui a été conduit, patiemment élagué, très haut pour laisser généreusement le passage sous les branches. Quelques marques se voient encore, traces d’anciennes branches coupées pour dégager les grands troncs aujourd’hui si tentants pour les accrocheurs de plateformes aériennes. Les jardiniers de tout le vingtième siècle doivent s’en vouloir d’avoir développé des efforts pour que leurs productions se réduisent à de simples supports.

Bien sûr, beaucoup de gamins ont fait des cabanes perchées, et pas mal de troncs ont servi de poteaux à linge, mais c’étaient quelques unités, dans des jardins, des forêts, dans un contexte d’abondance. Pas dans un ensemble, pas dans une structure qui dessine un lieu, pas avec un patrimoine conduit et public. Et tout cela nous est servi au débotté en bout du « chemin de mémoire ».

Tiens, il n’y a qu’à essayer de jouer ainsi avec les jeunots de la place des cygnes. Ah, pardon, il y a en déjà un qui est mort ! Tout le monde ne sait pas jouer avec ses arbres.

François Roumet

16 Commentaires

  1. @ Watson, comme « élémentaire, mon cher »:
    je lance une piste : le promoteur de ce fameux parc médiéval, qui devenait devenir, à terme « le second parc des loisirs de France, par sa fréquentation  » ( rappelez-vous les commentaires dithyrambiques du personnage central de la ville) est -il libre désormais , Ce n’est pas li donc ?
    C’est vrai qu’il ne semble plus en odeur de sainteté en Gorgie, après sa mise à l’écart de son poste taillé sur mesure, au sein de club de hand. Donc, c’est une mauvaise piste.
    A qui le tour ?
    Ah, peut-être celui/celle qui aurait réalisé le musée de boulangerie, en place de l’ancienne prison, toujours selon le personnage en question.
    Bon, on réfléchit et dès que l’on a du nouveau, on échange.

  2. « (…) qui est le bénéficiaire des largesses de notre édile ?  » Nouvelle mission Mon Cher Watson, faut chercher, faut trouver ! Tôt ou tard, on y arrivera ! Pour l’heure beaucoup savent beaucoup de choses mais se taisent par crainte de représailles ! Lorsque le moment libérateur viendra, forcément il viendra, ce sera un vrai torrent de boues …

  3. On a viré le cityparc des grands prés pour préserver la tranquillité de deux riverains, et là on va avoir un mini-accrobranche qui est un espace bruyant, qui pourrait amener des stationnement à l’arrache ( vu le prix du parking payant) et on limitera l’accès au parc pour les Chartrains en quête d’ombre et d’espace verts, ce qui impactera bcp de riverains. Ce projet exprime la haine pour le gratuit et les usagers lambdas qui voudraient vivre dans une ville apaisée, douce et joyeuse. À mon avis un pote de gorge, ou un mec qui a bien su manipulé le bûcheron de Gonesse va se faire de la bonne tune sur notre patrimoine… qui est le bénéficiaire des largesses de notre édile ?

  4. @Jean-François Bridet :
    « (…) certains élus de Chartres et de Chartres Métropole se désolent que le jardin de l’Evêché soit si peu « exploité » » !!! Sont-ce ces mêmes élus qui rêvent tout haut de l’installation d’un « téléphérique » en ce même jardin de l’Evêché ??? Le niveau de cette majorité gorgienne est à vomir !

  5. Claquer 15€ pour faire un parcours assez minable au regard d’autres sites qui eux sont en pleine nature et ajouter le prix du parking pour tous ceux qui arriveront de l’extérieur, ça va commencer à faire cher de se prendre pour le Tarzan des Carnutes, mais que n’inventerait-on pas à Chartres pour rentabiliser le moindre m2 et séduire la nouvelle clientèle eurélienne (c-a-d bobos fraîchement débarquée de Paris après 3 confinements éprouvants) ?
    Tout se monnaye, y compris la verdure donc. Quant à la tranquillité que l’on venait chercher dans ce parc, autant lui dire adieu ! Et ce n’est sûrement pas fini, surtout quand on sait que certains élus de Chartres et de Chartres Métropole se désolent que le jardin de l’Evêché soit si peu « exploité »…

  6. Qui a eu cette idée ? Isabelle Mesnard bien-sûr. On nous raconte en commission que la ville n’a fait que répondre à la sollicitation spontanée d’un opérateur public. Il faut croire que la société en question avait attentivement lu le programme municipal 2020 de la liste de la majorité actuelle. Après nous avoir révélé que le pot-au-feu était son plat préféré, Mme Mesnard nous y confiait qu’elle rêvait d' »une tyrolienne ntre la Butte des Charbonniers et le parc André Gagnon » : BINGO !
    Allons vite voir ce qu’il y avait sur la liste du père Noël des autres colistiers pour savoir ce qui encore nous tomber dessus……..
    Plus sérieusement et au-delà du triste sort réservé à notre patrimoine végétal commun, ce funeste chapitre de la chronique gorgienne est révélateur d’un profond mépris pour lé démocratie et l’intérêt général :
    – clientélisme de premier degré qui offre sans compter à qui sait demander, s’il est du bon côté du manche
    – aucune considération pour l’opinion publique.
    En effet, est-ce démocratique que d’autoriser les travaux d’un tel aménagement 3 semaines après le vote de la délibération, sans information préalables des riverains et usagers, sans laisser un délai décent pour que puisse exister la moindre expression citoyenne.

    Ce doit être ça la démocratie autoritaire…….une impasse pour l’humanité.

  7. Dans la machine à cash, je propose :
    – saut à l’élastique à partir du viaduc des Grands Prés
    – saut de falaise à partir du viaduc des Trois Ponts
    afin de financer la relance du Fret ferroviaire
    – funambulisme entre les deux flèches de la cathédrale
    en complément des recettes générées par le loto du Patrimoine.

  8. Cet exécutif a fait de la cathédrale un écran, un produit d’appel pour le tourisme. Logique : il fait maintenant de ces arbres pluri-centenaires qui ne lui appartiennent pas, objets de tous les soins des générations qui nous ont précédés, de simples supports de jeux artificiels et juteux pour une entreprise sans scrupules dont la mairie est le complice servile. La stupidité qui consiste à payer pour faire goûter aux enfants le plaisir de grimper aux arbres révolte : il n’est pas exclu qu’ils protestent vigoureusement ceux, les huit-dix ans, à qui l’on destine ces dispositifs. Ils ne sont pas idiots, et savent bien qu’à les faire jouer à de tels jeux c’est à eux que l’on laissera le soin… de couper les arbres, épuisés dans quelques années. C’est sinistre.

  9. Les arbres et la nature c’est pour la campagne.
    En ville, pas de besoin de ces trucs là, allez ouste !
    (Je tente de comprendre les divagations de nos dirigeants locaux)
    Comme a dit le président du conseil départemental, à propos de l’avenir du C.O.M.P. : « un musée sur l’agriculture et les pratiques agricoles, n’a rien à faire en ville. C’est à la campagne qu’il doit être ».
    Bon, on résume la pensée de ces dirigeants ( actuels mais souhaitons plus pour longtemps): en ville, du béton, des urbains, civilisés, qui consomment, s’amusent, se cultivent. A la campagne : des gens, différents, qui se déplacent pour travailler, consommer car éblouis par « les lumières de la ville », et parfois mettent des gilets fluos, et bien sûr des paysans, des chasseurs et des gens ordinaires.
    Un belle idée du collectif et de l’avenir commun !
    Quand la planète va vraiment devenir difficile à vivre, cela sera la même chose pour l’urbain, le rural, le riche, le pauvre, le vieux, le jeune, la femme, l’homme, le religieux, l’athé…
    Bref, tous dans « la même arche »
    A méditer

  10. A qui profite le crime ? Il y a fort à parier que la tranquilité des lieux est vendue. Dommage pour les quelques riverains qui devront subir les hurlements des participants. Repos ou télétravail, chacun aime vivre au calme chez lui. Sans dout leur sera-t-il répondu, comme pour les skates qui claquent des heures sous les fenêtres, que « quand on aime pas les gens on habite pas en ville ».

  11. à 15 euros environ le parcours voilà encore une portion d’espace partagée qui est confisquée au profit des marchands du temple. A chartres la ville se consomme, tout doit être encadré et tarifé. C’est là que nos enfants devront payer pour s’amuser tandis que la libre pratique du skate dans l’espace public leur vaut les remontrances de la police municipale !

  12. On se consolera en pensant que tant que la mairie de Chartres trouvera à ces arbres une quelconque utilité, ils ne seront pas abattus par le Bûcheron de Gonesse.

    Cela dit, il me semble que, pour bien mettre en valeur ce sensationnel parcours acro-branches, les services municipaux seraient bien inspirés d’abattre tout les autres arbres du parc …

  13. Mon Cher Watson, on là en images la démonstration de l’aversion déclarée et assumée du sieur gorges pour le patrimoine végétal urbain, qui plus est ancien et datant de l’ère d’avant, on là aussi le probable moyen détourné trouvé pour faire plus rapidement périr de beaux et grands arbres gênants pour le déploiement de la G’gorgienne !

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