La brûlure, de Christophe Bataille

Photo JF Paga

Christophe Bataille est un grand écrivain. Un écrivain majeur, osons le dire ! Avec Le maître des heures, publié en 1997, il signait un roman exceptionnel. Le troisième millénaire, verra les hommes à la plume scintillante sortir de cette nuit tombée sur notre société mais aussi sur nos âmes. Avec Christophe Bataille, c’est l’excellente qui nous attend dans un roman sensible et à hauteur d’homme. Il le prouve – une fois de plus – avec son dernier livre La brûlure. Un livre brûlant et compact à la narration parfaite.

Christophe Bataille nous entraîne dans son univers avec ses mots, avec une écriture intériorisée à souhait. Ce roman est une douce descente au plus profond des âmes et de la conscience des hommes. La nature est au centre de l’écriture. C’est l’histoire d’un grimpeur d’arbre qui observe le ciel, la terre du haut des cimes. Dans cette nouvelle ère, les saisons disparaissent doucement pour laisser place à une tiédeur ambiante. La neige ne fait plus que de rares apparitions. L’élagueur doit monter à trente mètres pour faire son travail. Un travail qu’il maîtrise à la perfection. Mais ce jour là, la nature en pleine rébellion ne laissera aucune chance à celui qui aime les arbres, les comprend. Les frelons asiatiques, qui colonisent doucement les contrées françaises avec le réchauffement climatique, attaquent cet élément hostile. Par centaine, les frelons se ruent sur un homme contraint de garder son sang froid pour éviter une chute fatale. Encore vivant, souffrant au plus profond de son âme et de son corps, il est dirigé vers un hôpital où il sera soigné, ramené à la vie. Sa femme l’accompagne dans cette douloureuse traversée.

Dans ce roman empli d’humanité, Christophe Bataille nous interroge sur notre nouvelle condition d’homme sur une planète qui semble de moins en moins aimer ses enfants. La voix de l’écrivain résonne comme un cri sourd à travers les murs d’une maison qui se nomme le monde et que nous brûlons à petits feux.

Pascal Hébert

Christophe Bataille, La brûlure, Grasset, 150 pages, 16 euros.

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