J’irais nager dans plus de rivières, de Philippe Labro

Philippe Labro est un homme connu et reconnu dans le métier de la presse, du cinéma, de la littérature ou encore de la chanson. Si l’homme s’est livré au fil de ses romans en distillant une part de lui-même, jamais il n’avait été aussi loin avec son dernier livre J’irais nager dans plus de rivières. Philippe Labro est un pudique. Ce sont les autres qui l’intéressent avant tout.

La meilleure preuve, c’est en parlant de tous ceux qu’il a rencontrés au cours de sa vie que l’on entrevoit à travers les lignes qui est Philippe Labro. Un homme curieux de la vie, des femmes et des hommes qui ont un destin et qui contribuent à charrier de l’émotion. Son dernier ouvrage est un pêle-mêle de photographies. Il y a la presse bien évidemment et les grands patrons des années soixante, qui étaient de véritables personnages de roman.

Dans ces années du tout possible, Philippe Labro fréquente le milieu de la chanson et notamment Johnny Halliday pour qui il écrira de nombreuses chansons plus ou moins intéressantes. Mais on ne passera pas à côté du méga hit Ma jolie Sarah. Dans son panthéon, on retrouve Serge Gainsbourg. Philippe Labro consacre un joli chapitre à l’homme à la tête de chou. Un chapitre où il narre le travail réalisé avec le grand Serge pour écrire les textes d’un album prévu pour Jane Birking. Gainsbourg, occupé à préparer son film Je t’aime moi non plus, n’a pas le temps de se consacrer pleinement à la réalisation des chanson. Il donne des titres à Philippe Labro qui écrira des textes collant bien à l’univers de l’artiste. Philippe Labro assiste à la composition des mélodies dont certaines feront des tubes.

Le cinéma fait partie des passions du journaliste qui voue un véritable culte à Jean-Pierre Melleville au point de s’afficher comme le cinéaste pour réaliser son premier film. L’Amérique a bien évidemment sa place dans un livre où l’homme confie certains regrets. Peu de femmes apparaissent. Mais il y en a deux qui ont une place de choix, son épouse Françoise et sa mère. Il y a aussi la littérature. L’œuvre de Philippe Labro est riche et mérite que l’on s’y attarde avec notamment l’excellent L’étudiant étranger. Philippe Labro, avec pudeur, porte dans J’irais nager dans plus de rivières un regard sur nous, notre époque, nos vies ensemble, sur notre humanité. Il nous interpelle également sur l’amour avec toujours cette belle question : « Aimons-nous assez, ceux que l’on aime ? »

Pascal Hébert

J’irais nager dans plus de rivières, de Philippe Labro aux éditions Gallimard, 302 pages.

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