Ils ne nous feront jamais taire !

Marseille, 2015.

Auteur original : EZK

Deux pochoirs détournés : le premier, par les barbus fanatiques, quartier Belzunce à Marseille au printemps 2015 ; le second photographié à Chartres, rue Nicole, en 2016 : l’expression de la Résistance.

En tout cas, la place Châtelet à Chartres était noire de monde ce dimanche 18 octobre pour honorer la mémoire de Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie assassiné l’avant-veille, et montrer aux barbares que la République de la France (France qui signifie Liberté) est la plus forte.

13 Commentaires

  1. Quelques rappels essentiels :

    1. Parce qu’elle est le fondement de notre République, la laïcité n’est pas négociable. Pour rappel, la laïcité, c’est :
    – la liberté de conscience
    – la neutralité de l’État
    – l’égalité de tous devant la loi.

    2. Nous vivons dans un État laïc. Le sujet religieux appartient à la sphère privée. Il n’y a pas de sujet religieux dans le débat public.

    2. La laïcité assure le primat de la Connaissance sur les croyances.

    3. La laïcité protège néanmoins toutes les croyances pourvu que celles-ci respectent les lois et les valeurs de la République, notamment son fameux triptyque : la liberté, l’égalité, la fraternité.

    4. La laïcité consacre la liberté d’expression, dont le droit à la caricature. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen indique que la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

    5. Il est possible d’insulter une religion. Mais les adeptes de cette religion qui se sentent personnellement insultés peuvent saisir la justice, seule apte à régler le litige (diffamation, injure, provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence).

  2. Honnetement, je fus ostracisé durant ma prime enfance (1970-80), traité comme « se doit » à l’époque…
    Et qand une bêtise ou un vol se produisait, immanquablement cela retombait sur moi pourtant innocent.
    Au delà de l’injustice vécue, j’ai compris que l’injustice ne pouvait se défendre que si un groupe de pression pouvait me défendre !…
    De fil en aiguille, j’ai lancé dans la région le mouvement SCALP.
    Aucune fierté.
    Juste un besoin.
    Et cela valait mieux que lancer des bombes ravageusesn ou égorger ceux qui nous en voulaient.
    Tout cela est du folklore comparé à la situation d’aujourd’hui.

  3. Mon fils est instit et inculque la valeur première d’un pays (moi son père, je suis pour ma part Français de 2ème génération) et il est fortement inquiet vu la montée des religiosités.
    Mes grand-parents ont combattu le fascisme puis le nazisme…
    Je ne vous racconterai les misères de l’époque qu’on n’osait même pas racconter en famille à la veillée de Noël en guise de soulagement ou d’espérance (pas besoin d’aller à l’église et pourtant la messe de Noël m’aurait fait grand bien en m’offrant quelques rêveries).
    Je suis Français 2G et si vous saviez d’où je viens ! (j’ai eu à l’époque la partie la plus facile sur le plan naturalisation).
    j’ai été inculqué par mon grand-père sur le principe : aime la terre qui te nourrit.
    Mon fils est d’autant plus français qu’il se sait devenu Professeur et d’où venir.
    Il est très inquiet à ce jour et est un brin désabusé de ce que lui propose le rectorat qui en fait, ne fait pas grand chose malgré la gravité de l’actualité.
    Dommage à dire.
    Honnêtement
    un fils de réfugié

  4. La litanie des crimes organisés par des décérébrés, défoncés au radicalisme d’obédience islamiste, continue. Jusqu’à quand ? Quoi faire ? Ces questions, essentielles pour la suite, tournent en rond dans ma tête confinée, en recherche d’une issue.
    La laïcité, ce mot qui définit notre nation,inscrite dans notre constitution, doit être défendue corps et âmes contre ses « chevaliers de l’apocalypse et du néant », quoiqu’il en coûte pourrait-on même rajouter.
    Dommage qu’il ait été enlevé du fronton de la ville de Champhol, avec l’arrivée de la nouvelle équipe municipale, voici quelques mois.
    Au contraire, il pourrait être ajouté à de nombreux bâtiments officiels, pour rappeler, encore et encore, cette valeur qui nous définit.
    Et pourquoi pas sur nos habitations ?
    Chiche, on lance l’idée ?
    Partageons nos avis, nos envies.

  5. Je salue le courage et la fermeté de la rédaction de Cactus Press qui a republié la caricature. Je salue le beau texte D’Adrien Soissons (qui fut un de mes étudiants). Le désir de transmettre, l’écoute, l’éveil de la sensibilité et de l’intelligence doivent rester l’idéal de tout enseignant(e)… il nous faut tenir bon. Nous tiendrons.

  6. Pourriez-vous susurrer à l’oreille de notre édile « Donald Gorges », que la commune et l’agglomération, rendent un hommage, appuyé, à se martyre qu’est Monsieur Samuel Paty.
    A moins que ….?

  7. Beau rassemblement cet après-midi.
    Dommage que la CGT ait eu besoin de se distinguer avec des drapeaux, dans cette communion unitaire et œcuménique.
    Il eût été fort de terminer par notre Hymne national.
    Pourvu que l’élan dure plus longtemps que le « je suis Charlie » …
    Fin de l’angélisme et d’une certaine bien-pensance ?

  8. Ce professeur était l’un des nôtres, mû par l’émancipation intellectuelle de ses élèves, farouche humaniste qui ne baisse pas les bras. Il est ce collègue patient, convaincu des vertus de l’enseignement, ce hussard noir, vanté par Péguy, qu’on idéalise, sans imaginer qu’au crépuscule il tomberait au champ d’honneur.
    Il est mort au combat, dans l’action pédagogique.
    Cet acte barbare effroyable réussit son office, il glace le sang de ceux qui chaque année, chaque jour ne se résignent ni ne ferment les yeux sur la progression de l’obscurantisme, du fondamentalisme et de la barbarie.
    Il n’y a pas un matin, où il se réveillait en se disant qu’il ne verrait pas le soleil se coucher. Il n’y a pas un matin où nous imaginons être les protagonistes d’une guerre qui ne dit pas son nom.
    Il n’y a que l’aube d’un avenir instruit, terrassant la tyrannie, l’ignorance et la haine qui pousse encore de jeunes étudiants et étudiantes à embrasser l’histoire, à s’investir sur tous les territoires de la République pour donner les clés de lecture d’un monde complexe.
    Nous ne devons rien céder, ni à l’effroi, ni à la terreur, mais continuer à tenir tête: instruire.
    Ce n’est plus la liberté qu’on assassine, c’est la République qu’on exécute.

    Adrien Soissons

  9. Appel départemental intersyndical à rassemblement en hommage au professeur assassiné à Conflans. En ces heures si sombres et douloureuses, nous devons nous rassembler pour démontrer notre capacité à faire face à l’obscurantisme qui, à nouveau, nous frappe. Retrouvons-nous donc dimanche 18 octobre, place Châtelet à Chartres à 15 heures.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*