Sénatoriales 2020 : la droite eurélienne façon puzzle

Il y a une semaine, la préfecture d’Eure-et-Loir à Chartres a été le théâtre traditionnel des élections sénatoriales (tous les six ans depuis 2011). Notre département a droit à trois fauteuils au palais du Luxembourg. Huit listes concurrentes : quatre de droite, trois de gauche et une d’extrême-droite, pour un scrutin de type proportionnel (à un seul tour).

1 318 grands électeurs, 1 302 votants, 1 287 exprimés, 15 blancs ou nuls.

Triste fin de parcours politique pour François Huwart et sa liste « Divers Gauche » seulement crédités de 189 suffrages. Ce sont les séquelles de l’élection précédente de 2014 (marquée par une lutte fratricide entre radicaux et socialistes). L’ancien secrétaire d’État au commerce extérieur de Jospin n’a pas fait le plein des voix. Plusieurs dizaines de grands électeurs marqués à gauche se sont portés sur la liste écolo emmenée par Estelle Cochard (EELV), qui triple le score réalisé il y a six ans.

Mais l’événement marquant de ce scrutin est le carton réalisé par Albéric de Montgolfier, fort, il est vrai, de l’appui du président du Sénat, Gérard Larcher. Avec 555 suffrages, il relègue Daniel Guéret presque dans les oubliettes (277). La veille de l’élection, le camp de Jean-Pierre Gorges se disait persuadé que son poulain Guéret gagnerait largement et obtiendrait deux sièges… Depuis presque vingt ans que les deux factions s’opposent, le maire de Chartres pensait vraiment pouvoir imposer son primat sur de Montgolfier et ses soutiens drouais (dont Olivier Marleix).

Raté. C’est donc un véritable coup de tonnerre politique pour les événements à suivre : élections régionales et départementales. Du coup, Claude Térouinard, président du conseil départemental, pro-gorgien, se retrouve en mauvaise posture, et les plans échafaudés pour qu’Élisabeth Fromont, autre gorgienne, lui succède au perchoir du CD28 en mars 2021, sont contrariés.

Et ce n’est pas tout. Le score honorable (158) réalisé par John Billard, maire du Favril, complique encore la donne. On imagine les montgolfiéristes et les gorgiens déjà à la manoeuvre pour le récupérer.

En somme, jamais la droite eurélienne ne s’est présentée autant divisée. Ce serait bête de ne pas en profiter…

Les trois élus sénatoriaux :
Albéric de Montgolfier,
Chantal Deseyne (co-listière de de Montgolfier),
Daniel Guéret.

 

 

6 Commentaires

  1. Encore un peu de patience.
    Les comptes de campagne de la liste Chartres écologie viennent d’être validés.
    Cela ouvre le droit à l’examen du recours par le tribunal administratif d’Orléans.

  2. On attend toujours la décision concernant le recours…
    Les comptes exigés depuis 2001 doivent être très parlants…
    Pendant ce temps c’est toujours les robinets ouverts et le sans gêne…
    Bientôt la fin…

  3. Les sénateurs français sont élus au suffrage universel indirect pour un mandat de six ans, par un collège de « grands électeurs ». Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans, l’élection à la présidence suivant chaque renouvellement triennal. Ce qui fait que la France se voit infligée sa séance « cinésénat » tous les trois ans ! L’Eure et Loir est donc maintenant pénard pour six ans et ses trois heureux élus aussi !

  4. Généralement, lorsqu’une mouvance politique se présente divisée, c’est l’échec inexorable.
    Pour le coup, pas vraiment le cas pour la droite eurélienne, qui d’ailleurs,- promis, juré, – fera bloc sur les bancs du Sénat, derrière le Président Larcher.

  5. Beau retour de bâton pour JPG qui avait depuis longtemps claironné haut et fort vouloir débarquer ADM, l’ennemi juré, de son fauteuil sénatorial ! RATÉ ! Mais la même écurie majoritaire LR réunira derrière le taulier, les 3 sénateurs euréliens pour (ADM dixit) « travailler ensemble » (l’Echo du 02/10), de quoi permettre à DG de s’élever (un peu) au dessus du cloaque gorgien ! Les départementales et régionales à venir seront passionnantes à suivre …

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