17 septembre 2020 : mon quatrième conseil municipal

Banksy, "Chasseurs de chariots".

Convoqué le 17 septembre à 20h30 pour mon quatrième conseil municipal, je m’y rends serein, confiant dans la préparation réalisée le dimanche précédent avec mes colistiers et soutiens de Chartres Écologie pour venir à bout de l’examen des 70 délibérations à l’ordre du jour.  Évidemment, rien ne va se dérouler comme prévu…

Tandis que l’essentiel des conseillers sont à leur place dans « la fosse » à l’heure dite, Jean-Pierre Gorges et ses adjoints s’installent en majesté avec quinze minutes de retard, sans bien sûr s’en excuser.

Comme cela devient une habitude, Jean-Maurice Duval ouvre les débats, lancé par la présentation d’Olivier Maupu remplaçant dans nos rangs Chantal Vinet. Le persiflage attendu se déploie alors durant de longues minutes pour se moquer de notre sens de la parité, puis commenter les commentaires laissés à la suite des articles de Cactus.press. Bref, dix minutes perdues pour commencer !

Avant de rentrer dans le récit de ce qui transformera cette séance en théâtre mélodramatique, quelques perles de notre premier magistrat qui continue à monopoliser la parole pour de longs monologues faisant suite aux questions et explications de vote des élus de Chartres Écologie, presque les seuls dotés de parole, semble-t-il. Face au silence absolu des élus LREM, Chartres à Gauche est tout de même intervenue pour déplorer, à juste titre, la subvention déguisée faite à l’enseignement catholique par la cession à prix défiant toute concurrence d’un terrain de la ZAC de la Courtille. Mais revenons aux fulgurances verbales de notre premier magistrat :

• « Quel intérêt de laisser une place aux élus dans les commissions d’appel d’offres qui traitent des marchés des prestations et travaux auxquels ils s’opposent ? »
• « Vous ne connaissez pas notre ville, vous n’êtes pas de Chartres mais de Thivars ! » (à mon égard),
• « Salvador Allende : il jouait dans quelle équipe déjà ? »
• « Chartres en Lumière a décidé de nombreux nouveaux Chartrains à s’installer dans notre ville ».

Il est épuisant de subir les interminables leçons du maire en réponse de chacune de nos interventions (douze pour ce conseil). Mais, même si elles n’influent pas sur l’issue du vote majoritaire, elles permettent d’y voir plus clair dans les projets gorgiens. Le maire nous confirme donc l’acquisition de 160 à 200 hectares de terrains agricoles au nord de l’agglo pour accueillir un futur parc touristique médiéval à la faisabilité économique incertaine, mais qui sera aisément transformé en zone d’activités économiques, à proximité de l’échangeur de la future autoroute. Soyons rassurés, le monde de demain à Chartres c’est bien celui d’avant-hier !

Etrangement, nous sommes relativement épargnés jusqu’à 23 heures environ. José Rolo, adjoint aux sports, concentre sur lui à chaque lecture des délibérations de son ressort l’essentiel des moqueries dont M. Gorges se délecte. C’est alors que Quentin Guillemain intervient pour s’étonner que le mail Jean-de-Dunois soit débaptisé au profit du nom de Jacques Grand dont le plus grand mérite aurait été, selon le maire, d’avoir permis à Carrefour son installation à La Madeleine sur les terrains dont M. Grand était propriétaire.

La question était pertinente puisqu’aucune présentation du personnage n’a été faite au conseil avant de ratifier ce baptême tandis que les nouvelles plaques sont déjà posées sur site ! Gorges y répond par : « vous avez insulté la mémoire de cet homme dont le fils est ici présent, vous méritez pour cela une paire de claques ! ». Scandalisé par cette réaction, je reprends alors la main pour exiger un peu de tenue à notre maire avant que celui-ci ne politise le débat en évoquant les noms de Salvador Allende et Fidel Castro qui auraient certainement plus nos faveurs. Ce qui permet à nos voisins de Chartres à Gauche de se sentir autorisés à participer aux échanges.

La houle vient tout juste de se calmer lorsque je prends la parole, comme prévu, pour exposer le sombre tableau que nous dressons de l’opération Pôle Gare (79 millions dépensés en dix ans, pour quel résultat ?). Après un exposé calme mais radical et résolu, j’essuie la série d’attaques personnelles habituelles (je dis n’importe quoi, je ne prends pas le train, je ne suis pas vraiment Chartrain, je n’ai pas de quoi être fier de mes réalisations architecturales à Chartres, etc). Surtout, ma parole est disqualifiée parce qu’elle ne reflèterait que l’opinion de 5% des électeurs chartrains, en raison du taux de participation de la dernière élection municipale.

À mon objection que cela s’applique également à son score, il m’est répondu que seuls l’extrême droite et les écolos bénéficient d’une prime électorale en cas de forte abstention ! Par une conclusion dont il a le secret, Gorges finit par qualifier mes propos critiques de fascisants, ce qui d’instinct me fait me lever pour quitter la séance. Personne n’écoutera les explications du pauvre Daniel Guéret tentant de défendre son Pôle Gare tandis que Brigitte, Quentin et Olivier, solidaires comme je n’en doutais pas, m’emboîtent le pas. Jacqueline Marre et Boris Provost nous rejoindront dehors cinq minutes plus tard après avoir exprimé leur désaccord avec l’attitude provocatrice du maire.

Peu habitué à agir d’instinct, je loue pourtant le réflexe qui m’a animé, geste politique qu’il était nécessaire de poser face à l’outrance. Un seul regret toutefois, ce geste n’a pas permis à Olivier Maupu d’intervenir au sujet de la ZAC du Plateau Nord-Ouest (derrière le lycée Jehan de Beauce), actuellement au point mort, pour demander l’abandon de ce nouveau projet d’étalement urbain et le reclassement agricoles de ces surfaces.

Cet épisode, suivi de nouveaux propos insultants de Jean-Pierre Gorges (L’Écho républicain du 19 septembre) où Quentin et moi-même sommes qualifiés de « Khmers verts visant à semer le désordre à Chartres », n’a fait que renforcer l’unité dans nos rangs et le soutien de Chartres Écologie et de ses amis.

Nous reviendrons siéger le mois prochain, responsables, solidaires et créatifs ! D’ici-là, courage à Brigitte et Quentin qui remettront ça jeudi 24 septembre à 18h30 au conseil d’agglomération, salle Ravenne à Chartrexpo.

Jean-François Bridet

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12 Commentaires

  1. Bon courage Jean-François Bridet et ne vous laissez pas intimider car l’heure n’est pas au renoncement.
    JPG est un tueur qui a eu la peau de MM et MMes Rabaté, Chatel, Maunoury et tant d’autres qui ont préféré fuir Chartres pour d’autres horizons tant civiquement, ses propos devenaient insupportables.
    Nul n’est blanc forcément (chacun a pu visionner un fil de cow-boys dans sa tendre jeunesse) qui peut devenir sujet à la vindicte populiste.
    Méthodes fascistes ou totalitaires mais de qui ?!
    Certes elles ont prouvé leur efficacité quel qu’en soit le régime parfois drapé de démocratie. Quand il s’agit d’ostraciser pour faire place, quoi de plus facile que la calomnie..
    Pour l’instant, vous subissez des provocations générales type « khmers verts ».
    Tant mieux si ces attaques restent globales et non locales voire individuelles (JPG surfe sur la vindicte green-bashing que d’aucuns élus verts nationaux auront provoqué).
    Avant d’être offusqué par des qualificatifs ici fascisants demandez vous pourquoi il se le permet et renverse allègrement les valeurs à son profit

  2. Au moment du départ de Jacqueline Marre, on entend distinctement quelqu’un – Gorges ou quelqu’un proche du micro – dire: « mais on s’en fout … » Tout un programme !!!
    Et si cette réunion mensuelle n’était pour le maire qu’un défouloir pour « dézinguer » l’opposition à la moindre occasion ?
    Vous avez dit « fascisant » ?….

  3. Ne pas perdre de vue qu’il y a toujours un recours en cour dont la decision se fait toujours attendre. Vu qu’elle concerne la validité de l’élection du 15 mars, elle devrait bien finir par tomber.

  4. Q. Guillemain : « … proposer comme nom d’un parc, quelqu’un qui est à l’origine d’un centre commercial, je ne suis pas sûr que cela soit pertinent. C’est votre choix, vous l’assumerez. »
    J-P Gorges :  » Vous insultez quelqu’un qui était sur ma liste en 2001. Alors je vous le dis comme je le pense : vous méritez deux claques. »
    J-F-Bridet :  » Nous avons fait 22% aux municipales, pas 5% ! »
    J-P Gorges :  » Il faut ramener ça au nombre de voix, avec 33% de votants… En général, c’est le FN et les verts qui font de gros scores quand il y a très peu de participation. Car vous tenez le même type de propos. C’est quand même une démarche assez fascisante… »
    Définition du terme fascisant : « Qui tend vers le fascisme »
    3ème sens du mot fascisme : « Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu’un à un groupe quelconque ou à un individu ».
    Bonne lecture …
    Post-scriptum
    J-P Gorges :  » Salvador Allende, il jouait dans quelle équipe déjà ?
    Salvador Allende (Wikipedia) : un homme d’État socialiste chilien, président de la République du Chili du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973.Le coup d’État du 11 septembre 1973 mené par Augusto Pinochet, et soutenu par les États-Unis, met fin à son mandat par la force, renverse le gouvernement et instaure une dictature militaire. Allende se suicide dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes ».
    Conclusion : qui insulte qui ?

  5. De Jean François à Jean François, Surtout ne vous découragez pas, il faut toujours avoir en mémoire que « bien que démocratiquement élu », 83 % des inscrits chartrains, et quelles qu’en soient les raisons, n’ont pas voté pour lui !

  6. Porter plainte à CHARTRES ……… !!!!! Selon les personnes quid du suivi , grand mystère .?
    Une analyse des suivis s’impose mais par qui ? les réponses apportées au conseil municipal aux questions de Jean François BRIDET seront les mêmes pendant les années à venir .
    Courage Jean François ,

  7. Conseil municipal de Chartres du 26 septembre 2002. Laurent Rabaté, élu d’opposition socialiste, déclare qu’il ne fait pas confiance à Jean-Pierre Gorges dans son projet de rénovation du quartier de Beaulieu (Petits-Clos).
    Réponse de Gorges : « Vous dérapez encore, vous allez finir dans le caniveau. Et comme vous êtes petit, vous allez avoir du mal à en sortir ! »
    Rabaté n’a pas osé porter plainte pour injure publique…

  8. L’allogène de Gonesse qui distribue des brevets de « chartritude » !

    Ce qui est formidable, avec ce genre d’énergumènes, c’est qu’ils n’ont aucune vergogne …

  9. C’est plus du audiard c’est du de Funes. Et pendant ce temps il a fait passé un joli cadeau pour l’ecole privée, il a rendu hommage à la grande distribution en donnant le nom d’un gérant de supermarché à une rue et il s’est assis sur l’avis négatif des Chartrains qui ont beaucoup de mal à comprendre pourquoi la fermeture du parking devant la gare a coûté 79 millions d’euros.

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