Il y a 19 ans…

Photo Gérard Leray

Ça devait être un mardi comme les autres. Regroupée dans un grand open space, la rédaction de l’Écho républicain. D’un côté, le service Région et celui des Sports, de l’autre, le secrétariat de rédaction. Des journalistes sont en reportage, d’autres en reviennent et rédigent leur « papier ». Les SR (secrétaires de rédaction) corrigent et mettent en forme les textes en provenance des agences de Châteaudun, Dreux et Nogent-le-Rotrou. Exceptés quelques apartés, professionnels ou personnels, le silence, la concentration…

A cette époque, on n’était pas accro au téléphone portable, à l’info continue, aux alertes, aux réseaux sociaux. Seules les dépêches de l’Agence France Presse (AFP) nous informaient. Le chargé des Nouvelles Générales (NG) choisissait ses sujets… C’est lui qui donnera l’alerte. Du genre : « Il y a un avion qui s’est écrasé contre une tour de New York ». Il était un peu plus de 15 heures. Le premier « crash » avait eu lieu à 14h56..

Réflexe : on allume la télévision. Dans la salle de rédaction, dans les bureaux de la rédaction en chef. La nouvelle se répand. Le personnel de la technique vient, en curieux, jeter un œil. Les images reviennent en boucle. On n’imagine pas encore que c’est un attentat terroriste. Les questions fusent : « Comment est-ce possible qu’un avion de ligne s’écrase sur un tour du World Trade Center ? » ; « Il y avait des passager ou non ? » ; « Et combien de morts y aura t-il ? », etc.

Le moment de surprise passé, chacun retourne à son bureau. Mais la télévision reste allumée. On comprendra à peine dix minutes plus tard, lorsque le deuxième avion foncera sur la deuxième tour… La stupeur envahit alors la rédaction…

Branle-bas de combat ! Les trois pages réservées depuis la veille pour les NG seront entièrement consacrées à l’événement. Ce sera bien entendu le gros titre de la Une. Déjà on sollicite les journalistes qui pourraient avoir des connaissances à New-York pour des témoignages. Surtout pour les éditions du jeudi et jours suivants parce que le jour même, il faut aussi régler les affaires courantes…

Face à la violence des images et à la succession de faits (écroulement des tours, explosion d’une voiture au Département d’Etat à NYC, un Boeing qui s’écrase sur une aile du Pentagone…), la rédaction vit entre routine quotidienne (on assure l’actu locale) et sensationnel (au mauvais sens du terme). Et face à l’ampleur, on téléphone aussi à nos proches pour les avertir…

A l’heure de la conférence de rédaction du soir, il faudra trouver le gros titre. « Stupeur », « Le chaos », « L’horreur à New-York », « L’Amérique frappée au cœur », « L’horreur », « Incroyable », « L’apocalypse », « Inimaginable »… Entre autres suggestions dans un « brain storming » qui durera un bonne vingtaine de minutes avant que le rédac-chef (Gilles Bornais) tranche.

Ce sera « L’inimaginable » qui, pour nous, à l’Écho, symbolise le mieux ce drame, le « L » donnant encore plus de force et transcrira le mieux le sentiment d’exceptionnel.

Les jours suivants réserveront bien entendu une grande place à ce qui s’est passé ce 11 septembre. Il y aura des témoignages, des réactions de personnalités et des gens de la rue, des compte rendus des rassemblements spontanés, des hommages. « Jour de deuil », « L’Eure-et-Loir solidaire » seront les gros titres des jours suivants. Sans oublier cette Une avec la photo de Oussama Ben Laden en pleine page, avec la mention « Wanted ».

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