Cinq jeunes dans un bateau…

L’article de L’Écho Républicain du 9 août dernier nous aurait presque fait plaisir tant son titre est prometteur : « Ils mettent les voiles pour l’écologie – 5 étudiants chartrains vont embarquer une semaine pour nettoyer les plages corses ». Cet investissement personnel pour aider à la protection de Mère-Nature ne peut qu’être salué.

Hyper motivés (comme on les comprend !), ils fondent une association SKIP FOR SAVE pour récolter des fonds qui… vont leur permettre de louer un catamaran et payer pour eux cinq l’aller-retour en avion Nantes-Figari !!!

Avons-nous bien lu ? Malheureusement oui. L’article précise que ce voyage, financé grâce aux 4 000 euros recueillis, est la seule concession à l’écologie. Peut être, mais cette concession est de taille et l’engagement tout de suite nettement moins pertinent.

En même temps, lorsque l’on a parmi ses généreux donateurs un concessionnaire automobile, dont la fibre écologique nous semble discutable, il peut y avoir malentendu.

Le nettoyage du littoral corse ne serait-il qu’un prétexte pour se voir offrir des vacances de rêves à pas cher ? Certains nous rétorqueront que nous voyons le mal partout. Mais n’est-il pas écrit dans l’article : « des vacances aussi utiles qu’agréables », « la beauté des paysages corses a séduit les 5 étudiants », « l’objectif est aussi de montrer qu’on vit de bons moments sur un bateau »… Fallait-il réellement récolter des fonds par le biais d’une association soi-disant écologique pour vivre de telles vacances ?

S’ils n’avaient pour eux leur jeunesse et peut être une bonne dose de naïveté, et si nous étions des grincheux, nous dirions que ce sont des imposteurs mais laissons-leur le bénéfice du doute. À eux de nous prouver que nous avons eu raison de leur laisser un peu de crédit. Nous leur offrons d’ailleurs la possibilité de s’exprimer dans Cactus en publiant la synthèse de leur odyssée.

En attendant, jeunes gens, permettez-nous de vous donner un conseil : l’été prochain, prenez vos deux jambes ou une bicyclette, marchez, pédalez, allez à la rencontre des gens pour leur parler de votre combat pour sauver la planète, allez ramasser les déchets dans les bois, les forêts, les champs, sur le bord des routes… Les lieux ne manquent pas, et il y en a forcément juste à côté de chez vous. Forcément, vous rentrerez moins bronzés mais vous gagnerez tellement en crédibilité !

11 Commentaires

  1. Comment défiscaliser les vacances de mes gosses via un don de mon entreprise à une association?
    Don,Sponsor?mélange des genres,un sponsor est un partenariat,le sponsor est censé attendre un retour ,vont-ils ramener des clients corses à ces entreprises?

  2. afligeant quelle bande de bourgeois, ils se payent des vacances grâce aux entreprises de maman et papa, super le ramassage des déchets !!!!

  3. Com’, green wasching, air du temps, on se fait plaisir et on kiff la life, en se faisant régler ses frais par les quidams volontaires.
    Ils ont tout compris de la société actuelle, bravo.
    Des chartrains certainement, fins observateurs des moeurs politiques locales.
    Mais cela reste entre gens consentants, alors.
    Et si la zone à nettoyer eut été, allez au hasard, la Meuse , ou l’arrière pays creusois, sans vouloir vexer les habitants de ces régions bien entendu, auraient ils été aussi prompts à monter une telle opération ?

  4. hé bien il suffisait d’aller sur leur page Facebook. 3 d’entre eux sont affiliés à un cabinet d’avocat, un d’entre eux est issu d’une famille travaillant dans l’immobilier…effectivement on peut observer quelques photos de leur action avec un sac poubelle sur une plage. Ils ont ete malins et se sont payes des vacances a peu de frais.

  5. Il serait peut-être plus qu’opportun de se pencher sur le pédigré de ses jeunes et analyser de manière approfondie les colotes des sociétés derrière…

  6. Ils ne vont pas en catamaran jusqu’en Corse?comme la petite suédoise qui ‘s’est rendue aux USA en catamaran à grand renfort de médias et qui ne trouvait pas d’avion pour son retour….retour beaucoup moins médiatisé.
    Encore un exemple de la mascarade du monde associatif qui bien souvent sert des intérêts particuliers au nom de l’intérêt général et de la bonne conscience dans l’air du temps.
    Statut associatif qui permet bien souvent de s’exonérer de règles comptables,fiscales et de contrôles auxquelles sont soumises les entreprises …

  7. Si la rédactrice de ce billet promo du seul Journal local regardait la filiation des jeunes «  écologistes «  la réponse est dans l’interrogation.

    Le bilan carbone prévisible de cette jolie promenade en Corse du sud est affligeant.

    A suivre et à commenter sur Cactus

  8. Ah si l’echo embauchait des journalistes. Ils auraient pû demander aux jeunes bourgeois le prix de location du bateau (dans les 8000 euros) , le prix des billets d’avion, interroger sur les liens de clan entre papa et le pouvoir en place. Combien de kilos de dechets ? Il auraient pu ensuite faire le rapport kilo de déchet et coût de l’opération (euros et carbone). Mais voilà pas de journalistes à l’echo = publi-reportage à toutes les pages

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