Pôle gare : un abri vélos vraiment gratuit ?

Les abords de la gare de Chartres sont en plein travaux. L’abri vélo a été déplacé à proximité des voies ferrées. Peu utilisé, cet abri « gratuit » est en fait tout à fait payant !

Le site internet de Chartres Métropole, qui détient la compétence mobilité, annonce pourtant « les abris vélos : un service gratuit ». En effet, ils étaient jusque-là gratuits, mais les élus ont estimé utile de faire payer la somme de 5 € par an à leur utilisateur, autrement dit, 40 centimes par mois. Une somme certes modique, au regard du service rendu : la protection et la sécurisation du stationnement vélo, dans une ville où les dégradations sur les vélos sont courantes sur les supports à vélos extérieurs.

Mais alors, pourquoi faire payer cette somme de 5 € ? On sait que psychologiquement, un service gratuit est beaucoup plus utilisé qu’un service payant, même si la somme est dérisoire. Cette somme ne rapportera quasiment rien à la collectivité. Pourquoi ne pas avoir maintenu la gratuité qui s’est appliquée durant plusieurs années ? L’abri vélo n’a été utilisé au maximum qu’à la moitié de sa capacité, donc il ne s’agit pas d’un mode de « régulation de l’offre ». Cette décision est incompréhensible.

La politique vélo de Chartres Métropole n’est clairement pas une priorité : la liste d’attente n’en finit plus pour espérer bénéficier de la location d’un vélo électrique, preuve qu’une demande forte existe, mais la politique de l’offre ne suit absolument pas. Tout est fait pour dissuader les utilisateurs : le tarif de location a soudainement été multiplié par deux d’une manière mal déguisée : on est passé de 100 € l’année, à 100 € le semestre !

Assortie à cela, l’absence de développement d’une véritable offre de pistes cyclables interconnectées. Faut-il y voir les prémices d’une future délégation de service publique du stationnement vélo à QPark ?

Alors que de nombreuses villes de France ont pris conscience de la nécessaire transition écologique en impulsant un développement cyclable sans précédent, en développant les infrastructures, les services et l’accompagnement vélo, Chartres fait encore figure de « modèle » du tout-voiture, avec le projet de construction d’un futur parking de 1 200 places à la gare. Est-ce vraiment ce modèle affligeant que nous souhaitons léguer à nos enfants ?

Olivier Maupu

 

2 Commentaires

  1. La recette pour répondre à l’enjeu vélo est simple si on veut réellement généraliser :
    1- des pistes cyclables réellement sécurisées (pas de « bandes de courtoisie » type Bd Foch qui n’existent pas réglementairement, ni de trottoirs mixtes comme rue de Dr Maunoury marqués à la va-vite et qui se terminent subitement pour retrouver une voirie complètement dédiée à l’automobile reine.
    2- des stationnements sécurisés (quand longue durée) en plus d’accroches vélo (de plus courte durée) quand c’est pour faire ses courses en CV ou se rendre au gymnase à sa séance de sport favorite.
    3- généraliser les zones 30 et la mise en sens unique pour les tutures (ça libère de la voirie pour les autres, ça dissuade et ça apaise la circulation motorisée -> se référer à ce qui se fait ailleurs…)
    4- Subventionner l’acquisition de vélos pliables pour les nombreux navetteurs faisant Chartres-Paris quotidiennement (cela reviendra toujours moins cher à toutes les parties prenantes (Chartres, SNCF, RATP, Ile-de-France), qu’affréter des wagons spécialement dédiés et qui verront jour dans des lustres
    Macron est généreux actuellement qui abonde en fondsle Plan Mobilité Active. Reste à se porter candidat à son appel à projets avant le 30/10.

  2. Comment ça, en matière de vélo, Chartres n’est pas encore une référence nationale ??? Ce n’est pas possible !!!

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