La dette de Chartres : 137 millions d’euros !!!

Le programme municipal gorgien pour le mandat 2020-2026 est une pépite. Reportons-nous à la page 29. On y lit les phrases suivantes :

« La dette est en 2020 de 93,5 millions d’euros. »
FAUX : d’après les comptes consolidés communiqués aux conseillers municipaux chartrains pour le conseil municipal du 15 juin 2020, la dette s’élevait au 31 décembre 2019, soit pendant la campagne électorale de ce dernier hiver et avant la crise du Covid-19, à 137 millions d’euros. »

« Notre principal partenaire financier est la Banque des Territoires, direction de la Caisse des dépôts et consignations, organisme public. »
FAUX : d’après les informations transmises aux élus chartrains, la CDC ne représente que 11 % du total des prêteurs !!! En réalité, la ville emprunte essentiellement à des organismes bancaires privés, qui ne font jamais de cadeaux.

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Le texte de l’intervention de Quentin Guillemain sur ce sujet lors du conseil municipal du 15 juin 2020 :

« Vous le savez, les élus de la liste Chartres Ecologie ont fait part de leur préoccupation et de leur inquiétude quant à la dette de notre ville. Je sais que ce sentiment ne vous est pas inconnu, M.le Maire, il était également le vôtre il y a 20 ans.

Quand vous avez été élu pour la première fois en 2001, Monsieur le Maire, vous avez battu le maire précédent en raison des finances de la Ville et de l’endettement important de Chartres. Au 1er janvier 2001, l’encours de la dette de la ville représente un peu moins de 50m€ et la capacité de désendettement est de 3,8 ans. La dette représente 1100€/habitant. Jusqu’en 2003, vous faites ce pourquoi vous avez été élu et réduisez la dette de moitié. En 2001, c’est plus de 12m€ pour cette seule année que vous consacrerez au remboursement de la dette. Un record ! En 2003, l’encours de la dette de Chartres dépasse à peine les 20m€, soit 482€/habitant, pour une capacité de désendettement qui diminue à 1,1 an. Que s’est-il passé ensuite ?

En 18 ans, la dette de la ville a flambé et a ainsi augmenté de 174% pour s’élever aujourd’hui à près de 137m€, soit 3500€ par habitant ! Hors budget annexe d’aménagement, c’est une dette de 100,6m€ en 2020, soit 2500€/habitant. C’est plus du double des villes de taille équivalente ! Et cela sans parler de la dette garantie par la ville pour divers satellites de plus de 150m€.

J’évoquai le montant de 12m€ tout à l’heure. C’est ce qui nous a permis en 2001 de rembourser une grosse partie de notre encours de dette et ainsi d’améliorer notre capacité de désendettement

C’est aussi le montant que nous avons (également ) déboursé en 2019 pour nos emprunts. La différence me direz vous ? En 2019, sur les 12m€, un quart de cette somme était consacrée aux seuls intérêts, et cela ne nous a pas permis de réduire notre dette. Vous avez réussi l’exploit d’augmenter notre encours de dette de plus de 7% en 2019 alors même que vous avez consacré 4m€ de plus que l’année d’avant au remboursement de notre dette. Pour que tout le monde comprenne bien : nous payons de plus en plus chaque année pour rembourser notre dette, mais cela ne suffit pas à la diminuer car, en parallèle, vous continuez à nous endetter.

Dans votre campagne, vous aviez indiqué que la capacité de désendettement de la ville serait de 9 ans en 2020. Est-ce le cas ? Je pense en ce qui me concerne que nous serons plus proche des 10 ans. Je suis surpris de ne pas voir cet indicateur dans le document que vous nous présentez qui est un indicateur crucial pour juger de l’état de notre dette. Les villes de taille équivalente ont une capacité de désendettement de 5,5 ans en moyenne. Alors, pouvez vous nous donner cet indicateur essentiel à notre lecture de la dette ?

Je remarque aussi que vous avez menti dans vos documents de campagne en évoquant une dette de 93,5 m€ en 2020 alors qu’elle est de plus de 100m€. Vous avez aussi menti dans votre document de campagne en faisant croire aux Chartraines et Chartrains que les emprunts étaient principalement alloués par la Banque des territoires, banque publique. Pourtant, ce prêteur ne représente selon le document que vous nous avez présenté que 11% des emprunts de la ville.

Enfin, c’est aussi et surtout sur les raisons de l’endettement qui nous inquiètent : les équipements inutiles, surdimensionnés, dont la recentralisation systématique à un coût énorme pour les habitants, à l’image du pôle administratif alors que la mutualisation des moyens, comme la mise à disposition de l’hémicycle du Conseil départemental, prouve qu’il est possible, plus longtemps que prévu initialement…, d’utiliser les équipements existants à bon escient.

Arrêtons de concentrer tout en un même lieu, l’heure est plutôt au développement de formes modernes de travail, comme vous l’avez rappelé dans le premier CM. Bref le pôle administratif dont le budget s’envole mois après mois, pas encore sorti de terre, est déjà obsolète alors que les équipements de proximité, dans les quartier, sont délaissés. Plus encore que le niveau de l’endettement, c’est ce que vous en faites qui nous inquiète. »

4 Commentaires

  1. Le prochain CM de Chartres en juillet sera consacré au compte administratif de la ville de Chartres pour 2019. Il s’annonce passionnant, car nous aurons les vraix chiffres, qu’il faudra comparer aux annonces électoralistes gorgiennes.

  2. Merci de cet exposé circonstancié, puissant d’enseignements.
    Qu’a répondu « le chef du service financier chartrain » à ce brillant discours ?
    Impatient de le connaitre.
    Merci aussi d’avoir sans doute reçu pour cette intervention une flopée de remarques selon lesquelles, n’en doutons pas, vous n’aviez rien compris, que vous mentiez, que vous déliriez, et autres arguments de bateleurs de foire.
    Et pendant ce temps là, on continue de raser gratis, dans la capitale de la Beauce.
    Envie de migrer ailleurs car les retombées sur nos finances de l’agglomération seront tout aussi terribles que pour les chartrains intra-muros, très sévères, comme un lendemain de soirée alcoolisée.
    Dur, dur, sera le réveil, le jour d’après…

  3. Pour la dette de la ville de Chartres, voici les vrais chiffres, à la fin du mandat Guillain (majorité socialiste) et au début du mandat Gorges (majorité de droite) :

    – 54 millions d’euros au 31 décembre 2000 (Gorges n’est pas encore aux manettes),

    – 39,65 millions d’euros au 31 décembre 2001.

    Cette année-là, élue en mars, l’équipe Gorges expédie les affaires courantes, hérite de la gestion Guillain/Lemoine/Rabaté, n’investit pas ou très peu, ce qui explique la baisse de l’encours de la dette.

    Il convient donc de considérer l’exercice 2001 comme l’an I du Gorgisme. Vous pensez bien que Gorges joue de l’ambiguité chronologique de ce passage de témoin. Pour réduire la portée de son inflation d’endettement, il préfère utiliser le chiffre du 31 décembre 2000, plutôt que celui du 31 décembre 2001…

  4. Quelle gestion !!!! Bravo Gorges… continue comme ça… tu vas aller loin !!! Que la honte soit sur toi !

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