JPP, la vedette sera sur le banc

Depuis l’officialisation de la venue de Jean-Pierre Papin, alias JPP, à la tête de l’équipe fanion, les supporters de C’Chartres Football sont enthousiastes ! On peut les comprendre : quoi de mieux pour monter en National qu’un « ballon d’or » quintuple meilleur buteur du championnat de France ayant jouer à l’OM et dans de grands clubs étrangers (Milan AC et Bayern de Munich ) ? À 56 ans, l’ex numéro 9 arrive sur les bords de l’Eure en tant qu’entraîneur !

Ce ne sera pas la première expérience à ce poste pour le Nordiste. Après sa carrière pro terminée en 1998, et quelques années en amateur, durant lesquelles il valide ses diplômes d’entraîneur, JPP dirige durant deux saisons (2004-06) le FC Bassin d’Arcachon qui accède au CFA 2 en mai 2005. En mai 2006, les dirigeants du RC Strasbourg, dont l’équipe vient d’être reléguée en deuxième division, compte sur lui pour retrouver l’élite. Chose faite en fin de saison. Ses débuts de coach sont fracassants. Malgré cela, il est limogé de son poste. Il rebondira quelques semaines après au RC Lens en remplacement de Guy Roux.

Il complète son palmarès en remportant la coupe de la Ligue mais le club nordiste est tout de même être relégué. Durant cette période de chômage, il est annoncé dans plusieurs clubs pour « jouer les pompiers de service » en cours de saison, mais ne donnera jamais suite jusqu’à la trêve hivernale de la saison 2008/09 : il arrive à la rescousse de la Berrichonne de Châteauroux et parvient à assurer le maintien en Ligue 2. Toutefois, Papin ne prolonge pas l’aventure dans le Centre de la France. Il reste dans le milieu du foot principalement comme consultant. Le Girondin d’adoption revient aux sources en reprenant les rennes du FC Bassin d’Arcachon (2014-15). C’est un fiasco, l’équipe finissant dernière de CFA2.

Durant quasiment dix ans, Jean Pierre Papin demeure éloigné des bancs de touche et du football amateur (ou semi professionnel). Sa nomination à Chartres peut interroger pour une équipe qui souhaite rejoindre le niveau supérieur dans un championnat où il est difficile d’accéder au niveau supérieur (une seule montée par poule). Il est aussi à noter que parmi les entraîneurs des clubs promus en National, lors des deux dernières saisons, un seul a évolué régulièrement en première division* durant sa carrière de joueur. Par contre, tous ont présenté une bonne expérience d’encadrement d’équipes de quatrième et cinquième niveaux.

Un mois s’est écoulé entre l’annonce du départ de Jean-Guy Wallemme et l’arrivée de son successeur. Mais entre temps, le calendrier des matchs amicaux a été élaboré et cinq recrues ont signé au club. Les dirigeants chartrains tiennent à préciser que l’ex-Marseillais a bien sûr été associé aux décisions. On l’espère, car cela questionnerait le véritable rôle du coach au sein de l’équipe.

Quel que soit le sport, les grands joueurs ne font pas toujours de grands entraîneurs. Les Chartrains sont bien placés pour le savoir, avec « l’expérience Mahé » au CMHB. Mais le nouvel entraîneur chartrain pourra s’appuyer sur un effectif de qualité habitué à jouer les premiers rôles, ce qui facilitera sa tâche et lui permettra, peut être, d’atteindre l’objectif fixé ; la montée à l’échelon supérieur.

De plus, C’Chartres Football ne prend pas beaucoup de risques en cas de mauvaise performance en n’offrant qu’un contrat d’un an (plus deux années en option). En tout cas, C’CF s’est offert une belle publicité et un coup de com. De nombreux médias, dont plusieurs étrangers, ont relaté l’arrivée de JPP dans la préfecture eurélienne.

* L’ex-international portugais, Carlos Secretario, actuel entraîneur de Créteil.

Pierre Haurant

4 Commentaires

  1. Peut être que le salaire de JPP est moins élevé qu’on pourrait le penser. En ligue 1 lors de la dernière saison, dix entraîneurs avaient un salaire de 60000 euros brut mensuel ou moins (hors prime).
    Concernant le tennis de table, « le champion » embauché était le Franco- Roumain Calin Toma. Il était d’abord venu, en 2003, en tant que joueur. Il exerçait aussi comme animateur sportif à la ville de Chartres et ce n’était pas un emploi fictif!

  2. J.P.P embauché par J.P.G, ça sonne bien. Comme beaucoup de choses qui se passent malheureusement dans le sport local, pas uniquement qu’à Chartres d’ailleurs, ce domaine d’activités sert trop souvent de vecteur médiatique pour des équipes municipales en place. Alors, ici, on a déjà vu pour le hand avec un ancien champion du monde comme entraineur, le tennis de table, avec un champion roumain, maintenant le foot, dans lequel JPG revoit de l’intérêt médiatique, et même les échecs, comptabilisés comme sport, avec des jeunes champions qui sortent d’on ne sait où, mais qui font parler de ce club auquel le chef apporte de l’importance car il s’en dit très friand, comme de la pèche à la mouche.
    Et si JPG était adepte de curling, ou de boobsleig, aurions-nous à Chartes de grands champions de la discipline et les équipements adéquats ?
    Vive le sport, comme agent de développement personnel, social, culturel et non comme faire valoir pour attirer une « population choisie », qui voit une ville comme un système où on leur « offre » du travail , des distractions, des champions… Retrouvons le sens naturel des choses.

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