Lettre ouverte à Macron : « Ce premier tour n’a pas eu lieu, refaisons-le ! »

Chantal Vinet, au nom de la liste Chartres écologie, a signé ce texte, au même titre qu’une cinquantaine de maires et de candidats qui estiment que la crise du coronavirus a faussé le scrutin municipal du 15 mars dernier. la déclaration est adressée au président de la république.

« Monsieur le Président,

Il y a un an à peine, à votre demande, les maires de France se sont mobilisés pour organiser un Grand débat national et faire échanger nos concitoyens autour de questions majeures pour notre démocratie. Chacun a pu à cette occasion constater l’importance des élus de proximité, conseillers municipaux et maires : premiers serviteurs et défenseurs des valeurs de notre République, premiers référents des habitants dans presque tous les domaines de la vie quotidienne, initiateurs de tous les projets locaux et, bien souvent, facteurs d’apaisement d’une société en mal de repères.

Ainsi, parce qu’il est l’acteur politique de la proximité, parce qu’il relie notre société et chaque morceau de notre territoire, le Maire reste l’élu préféré des habitants, un visage familier de nos villes et de nos villages. Dans ce cadre, l’élection municipale est un moment important de la vie démocratique de notre pays. Les programmes des candidats y sont lus et commentés ; on cherche à reconnaître des visages dans les équipes proposées, on assiste à des débats, on pose des questions et on obtient des réponses, on y vote bien plus qu’ailleurs et souvent en famille. C’est le scrutin préféré des Français, le premier exercice de la démocratie.

Or que s’est-il passé le 15 mars dernier ? Un vol, tout simplement. Alors qu’un virus se répandait en France, alors que les autorités politiques et sanitaires enchaînaient les déclarations alarmistes et appelaient au confinement, alors que les médias relayaient partout des gros titres anxiogènes, le peuple français était, tout de même, appelé à voter. Mais, évidemment, rien ne s’est passé comme prévu. Bien sûr, ceux que Jean François-Poncet appelait « les hussards de la République » ont répondu présents, une fois encore, pour organiser un premier tour « hygiénique » : du gel, des marquages au sol, des isoloirs à rideau ouvert, des titres d’identité scrutés à distance… Mais aussi des visages crispés et surtout… tellement d’absents !

Cette abstention aura marqué le scrutin car elle n’était pas libre. C’était une abstention « contrainte ». C’était l’abstention d’une grand-mère à qui son petit-fils avait fait jurer la veille au soir de ne pas se déplacer ; l’abstention du jeune père qui ne voulait pas faire prendre le moindre risque à sa femme enceinte ; l’abstention de centaines de milliers de résidents d’EHPAD déjà confinés. L’abstention de tous ceux qui avaient peur et à qui les milliers de morts de notre pays donnent aujourd’hui raison…

Monsieur le Président, ces millions de Français qui n’ont pas pu aller voter alors qu’ils le souhaitaient, dont certains même ont dû s’abstenir pour la première fois de leur vie, ces millions de Français se sont fait voler l’élection de leur maire. Bien sûr des candidats ont été élus : mais quelle est leur légitimité réelle lorsque tant d’habitants ont privilégié leur vie à leur vote ? A la surprise générale, de nombreux maires au bilan pourtant reconnu ont ainsi été écartés, parfois même à quelques voix près : l’ont-ils été par une majorité d’habitants… ou bien par une minorité de militants ? Mal élus pour les uns, sacrifiés du premier tour pour les autres, le scrutin du 15 mars n’aura été satisfaisant pour personne. Nous savons en effet qu’avec des taux d’abstention élevés, avec des catégories de population les plus fragiles qui se sont moins déplacées, les nouveaux conseils municipaux ne seront pas pleinement représentatifs de la démographie du corps électoral.

Déjà les recours en annulation se multiplient… S’ils n’aboutissaient pas, ce sont six années de tensions qui s’annonceraient dans des exécutifs locaux affaiblis. Alors si nous ignorons, Monsieur le Président, qui est véritablement responsable du maintien du 1er tour des élections municipales 2020, il vous appartient d’être celui qui aura demain le courage d’en annuler pour tous les Français les conséquences illégitimes. Ce premier tour n’a pas eu lieu : refaisons-le ! »

https://www.lefigaro.fr/politique/municipales-l-appel-de-maires-et-de-candidats-pour-revoter-dans-toutes-les-communes-20200403

2 Commentaires

  1. A l’issue du premier tour du 15 mars dernier, les conseils municipaux d’environ 30 000 communes ont été élus, ce qui représente approximativement 420 000 conseillers élus. A noter que ces nouveaux conseils municipaux ne sont pas installés et les nouveaux maires pas encore élus.
    Environ 4 800 communes devront organiser un second tour – ou repartir à zéro- pour élire environ 100 000 conseillers.
    Quelle que soit l’appartenance politique de ces 420 000 conseillers élus au premier tour, très nombreux sont ceux qui ont le sens de la droiture et sont animés d’un esprit civique qui fait honneur aux valeurs de la République. Pour la majorité d’entre eux, les mots honneur, droiture, respect des valeurs démocratiques, ont un sens. Ces 420 000 conseillers sont légalement élus mais beaucoup se sentent mal à l’aise parce qu’ils l’ont été avec un nombre de voix si faible qu’ils ne se sentent pas vraiment représentatifs. Ils savent que pendant les 6 ans de leur mandat, ils seront considérés comme des élus au rabais et devront raser les murs pour éviter les sarcasmes.
    Admettons-le, cette élection s’est déroulée dans des conditions anormales et n’a pas permis aux citoyens de s’exprimer librement. Entre la vie et le vote, des millions d’électeurs ont choisi la vie. Cette élection n’a pas de valeur démocratique. Des élus de tous bords en conviennent.
    Soyons raisonnable : dans toute la France, reprenons tout à zéro.
    La clé est entre les mains de ces 420 000 élus. Qu’ils montrent que ce sont eux les vrais garants des valeurs de la République. Pour cela, ils disposent d’un moyen simple pour imposer au gouvernement l’annulation de ce premier tour qui a effectivement été « une mascarade » : il leur suffit de démissionner. Pas de premier conseil = pas d’élection du maire et des adjoints = de nouvelles élections

    Conseillers élus, faites preuve de grandeur : démissionnez !

  2. Les questions à se poser pour valider ce 1e tour sont au nombre de 3 :
    1- L’épidémie a-t-elle eu une incidence sur le dépôt des listes ?
    2- Sur la participation ?
    3- Sur le vote ? A la 1è, c’est non, aux 2 autres c’est oui.
    On peut donc n’accepter que la validité des élections où une seule liste se présentait; en effet, quel que soit le taux de votants et de bulletins blancs ou nuls, l’élection est valable ; pour le reste, a fortiori si les responsables politiques s’accordaient pour un second tour à l’automne, l’élection doit être refaite en deux tours avec nouveau dépôt de listes. Sinon, que fait-on des listes dans lesquelles des candidats sont décédés du Covid 19 ? Des candidats qui ont accepté une mutation professionnelle..etc..

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