Simplement upgrader* la « start-up nation » ?

Après la magnifique tribune d’un psychologue hospitalier dans Libération et autres tweets, facebookeries, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour demander des comptes après la crise, et ce malgré l’unité nationale décrétée par un gouvernement totalement dépassé.

En effet, il va falloir préparer l’après. On sait déjà que l’on ne veut plus de ce modèle économique qui assassine l’hôpital. Mais on a encore du mal à en percevoir un autre qui nous permettrait d’entrevoir quelle planète l’on veut vraiment pour nos enfants.

De cette crise sanitaire, d’autres crises – politique, écologique, sociale, économique, démocratique – ont été annonciatrices. Aux printemps arabes, aux démocrates dans les rues du Chili ou de Hong-Kong, ou sur les ronds-points de France, que répond-on ? La guerre ? Confinement, à l’aide de lois scélérates, de militants écologiques durant les Cop ? La répression ? Afin de protéger quels intérêts, on matraque, gaze, tue ?

Beaucoup de citoyens-contribuables ont peur, comme en 2008 avec la crise des subprimes, d’être fortement sollicités pour éponger davantage que leurs dettes, la faillite de « notre modèle économique ». D’ailleurs, cela a déjà commencé. « Il faut changer de paradigme », annonce (entre autres bêtises) la désormais célèbre porte-parole du gouvernement Sibeth Ndaye, en précisant qu’il faut refabriquer des pièces automobiles en France pour pouvoir les changer sur nos bagnoles. Heu, on lui dit… ?

Pourtant, le confinement nous montre aujourd’hui ce qui est essentiel à nos vies : les hôpitaux avec l’ensemble de leurs personnels soignants et techniques, bien sûr, mais également les caissières, les maraîchers, …la proximité. Tout ce que la mondialisation avait éloigné de nos besoins vitaux.

Changer de paradigme, c’est changer notre vision du monde. Ce qui était une utopie pour certains, hier, sera probablement une dystopie demain pour d’autres. En tout cas, cette crise mondiale pose le problème de l’avenir de l’Humanité. Cette crise n’est pas française, ni nord/sud, ni économique, elle est systémique. Alors, notre pauvre « start-up nation » implose comme une bulle spéculative : avec rien dedans, un trou noir, disparu, plus rien, nada, que dalle.

Or, une simple mise à jour ne suffira pas. L’upgrader lui permettrait seulement d’éloigner – provisoirement – sa fin ultime. L’éloigner, pas la supprimer.

* Mettre à jour, passer à la version la plus récente d’un logiciel.

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