Hebdosports : se préparer à l’ennui…

Ils l’ont déclaré sur les terrains et dans les salles, ils l’ont lâché en zone mixte ou en conf’de presse, ils l’ont écrit dans la presse, ils l’ont dit sur les antennes, on l’a vu ou entendu à la télé : l’actualité sportive vue au travers des mots et d’un autre œil.

« Il est possible que l’ennui de semaines sans nos émotions d’enfant devant les exploits de nos équipes adulées et de nos athlètes chéris dure longtemps. » Bon, faut quand même pas exagérer : ‘’équipes adulées’’, ‘’athlètes chéris’’, c’est bon pour les supporteurs, les durs (pas les purs mais les ultras comme ils disent), les vociférants, les torse-poil du foot, les fanas de la banderole. Moi, je ne suis pas supporteur (sauf une fois dans l’année quand le Quinze de France affronte son meilleur ennemi, l’Anglais…). Moi, cher Dominique Sevérac, je me retrouve quand même dans cet extrait de votre édito du Parisien (14 mars), je suis probablement comme vous un amoureux du sport, un émotif du beau geste, un jouissif de l’effort, un fana du suspense, un inconditionnel du coup de théâtre : rien de plus exaltant qu’un déboulé de Mbappé, un arrêt réflexe de Lloris, un retourné d’Ibrahimovic, une lucarne de Ronaldo, un passement de jambes de Messi, une relance du bout du monde de Blanco, une chistera à la Toulousaine, un rush d’avants à la Toulonnaise, une ‘’remontada’’ barcelonaise, une ‘’tab’’ en finale de Coupe de France, un diabolique contre-pied de Federer, un sournois passing-shot de Djokovic, un missile de Nadal, un grand écart de Monfils, un dépassement au millimètre d’Hamilton, un autre tout fou de Verstappen, un foudroyant démarrage d’Alaphilippe, une héroïque cavalcade de Bardet, un dix sur dix au biathlon… J’en passe. Et je vous rejoins, cher confrère, pour dire que ce foutu covid-19 (qui ne mérite même pas une majuscule) va nous priver de nos émotions d’enfant, de grands enfants et de la relation fusionnelle que nous vivons avec le sport pour sa beauté et les frissons qu’il procure et qui nous font parfois chavirer dans notre canapé. Tiens justement, les poils m’en dressent encore de cette dernière victoire de Martin Fourcade.
Alors oui, la saison du foot va être complètement bouleversée ; même que le PSG, enfin en quart de finale, pourrait s’en tenir là et être empêché d’aller au bout de son rêve européen (avouez que ce serait c…) ; on ne saura peut-être pas qui de Marseille ou Rennes sera le dauphin de la Ligue 1 ; on imagine que le rugby, encore jeune professionnel, risque de connaître une crise financière ; on se désolera de voir les artistes de la balle jaune au repos forcé ; on se demandera comment les Pinot, Bardet (privé du Giro qu’il voulait découvrir), Roglic, Bernal et autre Alaphilippe aborderont le Tour de France (s’il a lieu) à court de forme et de repères… Mais pendant toute cette quarantaine obligée, ils continueront de s’entraîner, de s’entretenir, de se bouger. Alors que nous, confinés (sauf pour aller acheter L’Equipe), on doit se préparer à l’ennui. Nous, on sera privé de tout, d’après-midi, de soirées, de directs, de Yoann Riou, de Tout le Sport sans sprint, de Stade 2 sans essai, d’Equipe d’Estelle sans but. Même pas un match de Fédérale 1 du vendredi soir. Il nous restera la pétanque en continu, les fléchettes sur L’Equipe 21 ou le catch du samedi soir et des redifs, plein de redifs, et des débats, plein de débats. Et pire encore, on va s’en bouffer des polémiques, des chamailleries entre dirigeants et décideurs du sport. Et en première ligne, le foot, bien sûr, qui n’a pas attendu pour s’écharper sur une éventuelle reprise ou non de la Ligue 1 (Lire ci-dessous, ‘’Ils l’ont vraiment dit’’). Mais à part ça, combien de semaines d’ennui ce foutu coronavirus nous réserve-t-il…

Ils l’ont vraiment dit. « Le plus logique serait de dire on annule tout et on repart sur la situation de début de saison. » Si la Ligue 1 ne repartait pas, Jean-Michel Aulas a trouvé ‘’The’’ solution. Une solution bien à lui qui permettrait ainsi à son Olympique Lyonnais de rester européen alors que pour le moment, le club rhodanien est plutôt mal parti pour accrocher une place en Ligue des champions. Indécent…
« Le foot pro, ce n’est pas que des droits télé et de l’argent. C’est de l’humain (…). La santé publique est plus importante que l’argent. » Travaillant dans le milieu médical, Waldemar Kita, le président du FC Nantes, a été le premier président des clubs de L1 à défendre la suspension du championnat, au grand étonnement des autres présidents qui l’ont regardé, raconte-t-il, « avec l’air de dire : ‘’Mais qu’est ce qui lui prends de s’affoler comme çà.’’ Un président de foot qui ne pense pas qu’au profit, ça existe…
« Et surtout, on entendait vraiment les supporteurs à l’extérieur du stade. Ils ont donné un supplément d’âme à l’équipe. » Faisant partie des rares invités au Parc des princes à avoir assisté à la qualification du PSG aux dépense de Dortmund, Anne Hidalgo a avoué avoir passé une soirée inoubliable. Certes, mais de là à adouber le rassemblement pourtant interdit des supporteurs !

LA phrase. « J’ai pris cette décision le jour du relais à Antholz (les Français champions du monde, titres attendu depuis dix-neuf ans). Quand les larmes me montent en répondant à la chaîne L’Equipe. J’ai compris que c’était le signal, qu’il fallait que je passe à autre chose (…) Ce n’est pas une décision facile à prendre, ça se fait dans le bonheur et s’il y a des larmes, elles sont de joie. » Sportif le plus titré aux Jeux olympiques (cinq fois en or), treize fois champion du monde et sept fois vainqueur de la Coupe du monde, Martin Fourcade, 31 ans, a annoncé sa retraite juste avant la dernière épreuve, la poursuite, en Finlande, qu’il a gagnée échouant de deux points pour le ‘’Gros globe’’ remporté par son rival Johannes Boë. Il quitte le circuit sur un 83e succès et en promettant un bel avenir aux jeunes Français, Fillon-Maillet, Jacquelin et autre Desthieux. Salut Champion !

(Sources : L’Equipe, Le Parisien/Aujourd’hui, internet).

JHD

 

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