« Papa, ça va changer quoi quand vous serez élus ? » Chartres en 2024…

La liste Chartres Écologie a été élue en mars 2020. Depuis, la Ville se métamorphose positivement. Une journée comme les autres, à Chartres, en avril 2024…

Quel bonheur d’ouvrir ses volets le matin et d’apercevoir, d’entendre et de respirer la nature ! À Chartres, j’habite dans un jardin, au deuxième étage, avec vue sur les flèches de la Cathédrale. Je fais quelques pas sur mon balcon en bois et je peux observer la rosée sur les jeux d’enfants et les végétaux du jardin de cœur d’îlot, situé en contrebas. Bientôt, tout cela va prendre vie, le soleil va sécher les feuillages aux mille couleurs et les passants vont envahir ce nouveau jardin public ; les parents accompagnant leurs enfants à l’école, les mamies promenant leur chien, le facteur à vélo qui coupe à travers le parc pour optimiser le temps de sa tournée, les joggers, … Ce parc est le point de rencontre quotidien des habitants du quartier. Grâce à lui, tout le monde se connaît, se côtoie et s’entraide, quelle que soit la génération à laquelle on appartient, les « petits » côtoient les « anciens », les ados investissent certains espaces pour papoter ou improviser un match de foot.

Je déjeune dans mon appartement baigné de lumière, car il bénéficie d’une double exposition, ainsi je peux voir le soleil se lever sur mon quartier. Comme des dizaines d’employés, j’ai la chance de travailler au cœur de la nouvelle ceinture maraîchère sur le plateau nord-est et de pouvoir déguster les légumes bio produits localement. Dans 5 minutes, le bus gratuit circulaire passera au pied de chez moi, qui m’amènera sur mon lieu de travail. Il est toujours à l’heure, étant donné la baisse de la circulation induite par ce système de gratuité très efficace. Chaque jour, je retrouve les habitués, toujours plus nombreux, qui ont laissé tomber leur voiture, devenue inutile au quotidien. Quelle simplicité ! Quelle économie extraordinaire !

J’aime parcourir notre belle ville, qui se transforme progressivement. Les parcs qui fleurissent, les arbres, partout, toujours plus nombreux, qui bourgeonnent, et habillent la ville si bien que je me prends à rêver que j’habite dans la nature. L’évolution des logements est très visible depuis les dernières rénovations thermiques, accompagnées de ravalement bienfaiteurs et parfois d’insertion de balcons ou autres espaces extérieurs très agréables pour les habitants.

Je passe devant la place Morard métamorphosée par la végétalisation et par la restructuration des voiries pour la mise en œuvre des pistes cyclables généralisées. Dire qu’il y a quelques années, un écran lumineux agressait les passants de publicité…

Depuis peu, des bâtiments ont été construits sur l’ancienne friche EDF à partir de matériaux biosourcés locaux, dits à « énergie positive ». Je suis fasciné par ces nouvelles constructions, qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Les toits, murs et fenêtres sont mises à profit pour accumuler et restituer de la chaleur ou produire de l’électricité. Le paysage de ma commune se transforme, se diversifie et propose une nouvelle façon d’habiter et de vivre.

En cette fin d’après-midi, je prends mon vélo pour aller chercher mes enfants à l’école. Je traverse le quartier sur des voies sécurisées. Mes enfants me suivent à vélo, nous longeons les noues bordées de plantes locales, parmi les chants d’oiseaux. Je peux expliquer à mes enfants l’arrivée du printemps, la floraison à venir, le réveil des animaux hibernants, le retour des animaux migrateurs… Nous traversons le parc et faisons une halte aux jeux. Passons par la maison de quartier pour récupérer une attestation administrative signée et déposer une trottinette dont la roue est à faire réparer par l’association installée ici. Quelle simplicité !

C’est bientôt l’heure du bain, il faut rentrer. L’appartement est équipé d’un chauffe-eau solaire, qui nous permet de réduire considérablement notre facture d’électricité. L’eau des toilettes et du lave-linge est directement récupérée de l’eau de pluie, tout comme pour l’arrosage de certaines plantes extérieures.

Le logement a profité des rayons du soleil de la journée et il y fait bon, même si je n’ai quasiment pas eu besoin d’allumer le chauffage depuis plusieurs semaines. La double exposition et les éléments d’architecture telle que la casquette au-dessus de la terrasse sud nous permettent à chaque saison de réguler la température intérieure sans avoir à consommer beaucoup d’énergie.

Les normes du PLU (Plan local d’urbanisme) révisé ont permis d’imposer des critères environnementaux élevés en matière de protection des cœurs d’îlots et d’essence de plantes, de surface vitrées, d’exposition des bâtiments, de performance énergétique, de matériaux, de stationnement vélo dans les résidences, etc… qui sont vraiment des atouts au quotidien.

La nuit commence à tomber. La mise en zone 30 km/h de toute la ville a réduit la circulation et les nuisances sonores : les véhicules en transit n’ont plus aucun intérêt à « couper » par la ville, le quartier est calme. Fini les avions qui atterrissaient dans un vacarme à l’aérodrome de Chartres. Aucun bruit depuis que la ville a rendu obligatoire les échappements silencieux, comme l’a récemment fait Colmar. Quelques luminaires ponctuent discrètement le quartier afin de diriger les habitants qui rentrent chez eux, mais l’on peut aisément distinguer dans le ciel les premières étoiles…

Ce soir, on se prépare pour aller voir le match de handball. Le bus gratuit nous conduit en famille dans la nouvelle grande halle des sports à côté de Chartrexpo. Les 2 500 places ont quasiment toutes été vendues pour la réception de l’équipe de Paris. Quelle ambiance ! Papi et Mamie n’ont pas hésité à nous rejoindre en voiture depuis la campagne, ils accèdent facilement et peuvent stationner gratuitement sur place, sans quoi, ils n’auraient pas bougé de chez eux. Ils songent d’ailleurs à se rapprocher pour vivre près de notre quartier dans un projet d’habitat partagé, avec un jardin potager. La ville, désormais apaisée et plus riche en nature, les séduit. La nouvelle maison médicale du quartier a permis à deux nouveaux médecins généralistes de s’installer, ce qui les rassure et motive davantage leur choix.

Superbe victoire de Chartres et retour en bus qui circulent désormais jusqu’à 23 heures, nous passons boire un verre en ville.

Demain, nous profiterons du soleil du week-end pour aller nous balader en centre-ville avec nos nouveaux voisins. Ce jeune couple s’est récemment installé dans une maison de ville après avoir déchanté dans le pseudo « rêve pavillonnaire périurbain » à 20 km de Chartres. Ils redécouvriront le centre-ville où ils n’allaient plus du tout à cause du prix trop élevé du parking. Tous à vélo, nous leur avons promis d’aller visiter le fabuleux nouveau jardin de la cathédrale. Il y aura déjà pas mal de touristes qui enchaineront les selfies profitant des premières éclosions de fleurs, avec la façade royale en fond. Nous avons échappé au pire avec ce projet d’esplanade tout en béton ! Ouf ! Nous en profiterons pour faire un tour dans les ateliers d’artistes qui ont ouvert et du shopping dans les nouvelles boutiques !

La vie a repris dans le centre-ville depuis que des centaines de logements, longtemps restés vacants, ont été remis sur le marché. Grâce à cela, certains commerçants nous ont même expliqué avoir vu leur loyer diminuer, ce qui conforte leur dynamique. Heureusement qu’aucun nouveau centre commercial n’a été créé en périphérie, sinon ça en aurait été fini du commerce de centre-ville. Quelle qualité de vie !