Chartres détruit son héritage pour un avenir en béton

Il était une fois une rue de Chartres pleine de charme, ouverte sur une prairie humide longeant l’Eure. Cette rue se compose de maisons historiques, héritées des siècles passés, qui nous content une histoire et relève l’identité de la commune de Chartres. Ses maisons sont adossées à un coteau boisé et une falaise de craie, ce qui leur confère un véritable écrin de verdure. Ce quartier est un village, presque une exception dans la ville, tant le site géographique et les constructions se marient avec soin, dans une finesse assez exceptionnelle. Bienvenue rue des Petites Filles-Dieu !

L’actuelle équipe municipale de Chartres est responsable, de part le PLU qu’elle a rédigé et signé, des possibilités de constructions excessives sur tout le territoire de la ville.

En 2015, les élus de la ville de Chartres ont révisé les règles du Plan local d’urbanisme. Le PLU est un document d’urbanisme qui défini les possibilités de construire : hauteur des constructions, emprise au sol, implantation, règle de stationnement, aspect extérieur, règles concernant les jardins…

Cette finesse, cet héritage historique, les élus de la Ville de Chartres ne l’ont absolument pas remarqué ! Ils ont rédigé le règlement du PLU sans en tenir compte, en reprenant exactement les mêmes règles de construction que toute une partie de la ville. Des règles beaucoup trop permissives. Résultat : un PLU qui ouvre des droits à construire démentiels ! Un PLU qui ne protège pas le patrimoine bâti exceptionnel. Un PLU qui ne protège pas les jardins des propriétés. Un PLU qui permet de défigurer notre ville sans aucune autre considération que l’attractivité pour des promoteurs privés.

Un projet immobilier démentiel rue des Petites Filles-Dieu

Revenons dans le « village » qu’est la rue des Petites Filles Dieu. Un promoteur a acquis une magnifique propriété du XIXème siècle, sa falaise et son parc boisé. Un permis de démolir a été accordé par la Ville. Cette maison historique, non protégée par le PLU, alors qu’elle aurait dû l’être au regard de la qualité architecturale, patrimoniale et paysagère de ce site, va être rasée !

Un permis de construire a été accordé par la Ville, visant la constructions de deux immeubles de 33 et 37 logements. 70 logements collectifs vont être construits, sans tenir compte du risque réel d’éboulement de la falaise lié à la présence d’anciennes marnières. Son parc, non protégé complètement par le PLU, va être démantelé. Le jardin ? Bétonné pour y réaliser les dizaines et les dizaines de places de stationnement qu’impose le PLU.

Ce « village » composé des maisons historiques qu’est la rue des Petites Filles Dieu sera profondément défiguré. Et demain, la parcelle voisine ? Les coupables sont les élus de Chartres, auteurs de ce PLU, excessivement libéral dans sa conception. Le Code de l’urbanisme offre pourtant aujourd’hui tout un panel d’outils pour assurer la protection des quartiers, des espaces naturels, et l’harmonie dans le projet urbain, mais tous ces outils n’ont pas été utilisés à Chartres. Il est urgent de réviser le PLU pour sauver la qualité paysagère et patrimoniale de notre ville !

Souhaitons-nous voir l’héritage de notre ville condamné à disparaître sous la pression des promoteurs, par négligence volontaire de nos élus ? Il est peut-être encore temps de s’y opposer, en signant la pétition…

https://www.change.org/p/mr-le-maire-de-chartres-28-annulation-d-un-permis-de-construire

…et surtout en votant, le 15 mars, pour des élus attentifs à la protection de l’environnement et des paysages qui s’engagent à réviser rapidement le PLU pour assurer la protection des jardins, et maîtriser intelligemment l’évolution urbaine pour éviter une nouvelle cicatrice dans la ville.

Olivier Maupu

6 Commentaires

  1. Merci Bernard !
    Ouf nous sommes partis au bon moment, cette rue était, il est vrai , très agréable nous avions le charme de la campagne et la proximité de la ville ! Qu’attend la ville pour racheter le Moulin des Graviers pour en faire une résidence de 12 étages avec vue sur la cathédrale !

  2. Le goût prononcé de JPG pour le béton (un matériau qui « ruisselle » bien !) ont fait tomber Chartres aux mains des promoteurs immobiliers (n’y a-t-il pas d’ailleurs dans le gang gorgien une spécialiste bien placée sur la question ?), c’est une évidence qui saute aux yeux du premier touriste éclairé en visite ! Il peut même peut se poser la question de savoir si la révision du PLU ne s’est pas faite de concert avec ces promoteurs immobiliers, ils ont toujours sous le coude un plan des lieux « rentabilisables », suffit de trouver LA bonne oreille, ce qui à Chartres, cela se sait, n’est pas une difficulté !

  3. Nouvelle alerte : même type de projet en germe sur le coteau situé au-dessus de Béthouart, à moins de 600 m de la cathédrale et moins de 400 m de la collégiale St André. Démolition d’une belle maison et surtout saccage d’un massif boisé de plusieurs milliers de m² constitué d’arbres quasi centenaires. C’est l’un des derniers bois de la ville. Propriété livrée à un promoteur pour construire un ou des immeubles, évidemment. Pourquoi la ville n’exerce-t-elle pas son droit de préemption pas pour préserver cet îlot vert ?

    • la ville n’exerce pas son droit de préemption pour préserver cet îlot vert, car elle préfère voir construire des logements qui vont lui rapporter taxes foncières et nouveaux habitants.
      Ca me rappelle que au 30, rue Mal Leclerc (route d’illiers), un promoteur à acheté vers 2011 une « maison de maître » avec grand parc boisé (valeur 2 Millions d’euros) pour tout raser (y compris un morceau d’aqueduc gallo-romain)et reconstruire ensuite une résidence de plusieurs dizaines d’ appartements qu’il avait nommé « Oxygène » !!!
      Même chose quelques années plus tard, rue du Grand Faubourg, avec l’ancienne demeure du Dr Gibert, agrémentée d’un bel arboretum aux essences rares, pour construire une résidence que l’on a elle-même baptisée « L’arboretum » !!
      (Denys Calu, s’il me lit, doit s’en souvenir, ces deux affaires avaient fait l’objet d’articles dans feu « l’Aiguillon »)

  4. Je suis énervé par cette nouvelle (mine de rien, tout notre vieux quotidien est à vendre en cet endroit mais voyons ce que se produit ‘route d’Orléans’ où cela semble plus grave et que pourtant, malgré les expropriations, ça ne décolle pas.
    La vallée de l’Eure comme valeur immo refuge ou de récupération d’autres faillites… pourquoi pas et ce n’est pas nouveau.

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