A154, la douloureuse se précise

Vous souvenez-vous de la promesse de gratuité de la future A154 pour les Euréliens faite par les pro-autoroute, Jean-Pierre Gorges en tête de gondole ? Eh bien, vous pouvez vous asseoir dessus. Mille millions d’euros – un milliard d’euros -, c’est le coût a minima de l’investissement qui sera pris en charge par le concessionnaire privé, lequel se remboursera grâce aux droits de péage.

Mais ce n’est pas tout. Avant le lancement des travaux, l’État et les collectivités devront verser au dit concessionnaire une subvention d’équilibre de soixante millions d’euros ! D’après nos informations, l’État paierait trente millions et quatre collectivités de proximité (le conseil régional, le conseil départemental d’Eure-et-Loir et les communautés d’agglomération de Dreux et Chartres) s’acquitteraient de l’autre moitié. En réalité, cette répartition à la louche n’est pas définitivement actée. Tout reste à négocier et ça risque d’être saignant…

En résumé, nos impôts ont déjà servi à financer la mise en 2X2 voies de 70 % de la RN 154 ; nous allons payer le péage, nous allons payer la subvention d’équilibre, nous allons payer l’aménagement des voies de substitution, c’est-à-dire les routes qui seront empruntées par les automobilistes refusant le racket autoroutier.

Nous serons perdants sur toute la ligne. On dit merci à Jean-Pierre Gorges ?

9 Commentaires

  1. Pour poursuivre avec citoyen de progrès, un projet alternatif existe, a été conçu,communiqué par l’association Saint prest environnement. N’hésitez pas à aller sur leur site, il regorge d’informations, d’actions faites et à faire. C’est une mine pour continuer le combat. Non, tout n’est pas joué, comme le rappelle le député ( merci de rester constant dans votre parole et votre choix). Et puis les élections à venir vont changer la donne. La candidature Chartres Ecologie va renverser la vapeur et l’ex-futur-ancien-maire de Chartres ira goûter une retraite (bien?) méritée,sous d’autres cieux, ardéchois ou autres. Restons groupés, échangeons dans nos réseaux, mobilisons et manifestons nous, fort, avec conviction. Soutenons le combat avec St prest environnement.

  2. Je suis d’accord avec les propos de Mons Kasbarian .
    Seul point qui diffère .
    IL me semble d’utilité le contournement de Chartres , et Dreux .
    Compte tenu des difficultés budgétaires une concession autoroutière pourrait être étudiée Seuls ces contournements(Chartres Dreux ) autoroutiers auraient une utilité publique .
    Ces contournements permettraient de fluidifier la circulation sur les rocades de Chartres et Dreux .
    Les rocades délestées des véhicules en transit ,( notamment les camions ) retrouveront leur rôle de boulevards urbains
    Il parait inenvisageable de concéder les 2×2 voies existantes
    Pourquoi une subvention d’équilibre ? Avec 2,8 milliards de résultat , il y a plus nécessiteux !

  3. Que les élus « mainstream » d’Eure et Loir, fassent toujours et systématiquement les choix financièrement les plus couteux pour le contribuable et écologiquement les plus désastreux et dévastateurs pour l’Environnement, ça finit quand même par poser de très sérieuses questions ??? Ces élus sont-ils au service de l’Intérêt Général !!! Rien n’est moins sûr !!!

  4. Merci à « Cactus press » de relancer cette « hérésie » autoroutière A154 et A12 .
    Merci à Monsieur le député d’être clair et constant sur sa position.

    J’invite tous les Eurèliens à rejoindre les associations anti autoroutes qui vont de Saint Lubin des Joncherets à Ymonville , associations regroupées autour de la FEEL ( fédération environnementale d’Eure et Loir ) car ce dossier n’est pas gagné ( heureusement ) loin de là pour les pro-autoroutes.

    Le « combat continue »

    Vive une RN 154 gratuite comme dans le departement de l’Eure .

  5. Et cet aménagement à 1 milliard ne permet même pas l’éloignement de l’autoroute qui touche aujourd’hui Chartres, au Coudray les lotissements et l’hôpital sont particulièrement touchés par le bruit du trafic mais rien n’est proposé par nos élus: ni murs anti-bruit ni enrobé phonique ni ralentissement, rien.

  6. Habitant une commune située sur l’axe Chartres / Dreux, à l’instar de nombreux riverains, je soutien totalement l’initiative de Guillaume Kasbarian visant à s’opposer à la mise en concession de cette portion de la RN 154,
    Outre les coûts générés par cette opération, les conséquences sur la circulation sur les départementales parallèles à cette nationale et les villages qu’elles traversent seraient catastrophiques, car de nombreux véhicules (voitures et camions ) ne manqueraient pas de les emprunter afin d’éviter ces coûts

  7. Guillaume Kasbarian, député LREM de la circonscription de Chartres en Eure-et-Loir, persiste et signe : le projet d’autoroute à péage à la place de la Route Nationale 154 n’est pas d’intérêt général. Il a accepté de répondre à trois questions de Cactus, lequel invite l’actuel maire de Chartres, pro-autoroute, à produire en réponse son propre argumentaire. Et que s’engage le débat démocratique.

    Cactus. Monsieur le député de Chartres, parmi les 7 parlementaires d’Eure-et-Loir, vous êtes le seul à assumer votre opposition au projet d’autoroute à péage sur l’actuel tracé de la RN154, qui traverse notre département du Nord au Sud sur 90 km. Quels sont vos arguments ?

    Guillaume Kasbarian. Bien sûr, j’ai toujours assumé de fortes réticences sur ce projet. Y compris pendant ma campagne en 2017, et je n’ai pas changé d’avis ! Non pas par opposition dogmatique. Mais principalement parce que je redoute les conséquences de ce projet sur le pouvoir d’achat des usagers du quotidien. C’est particulièrement le cas sur le trajet Chartres – Dreux : la route existe, elle est déjà en 2×2 voies, elle est déjà sécurisée par un terre-plein central. Et du jour au lendemain, ceux qui l’empruntent pour aller au travail vont devoir débourser entre 825€ et 1000€ de péage annuel. C’est énorme.

    D’autant plus que le modèle des concessions autoroutières est largement contestable. Ouvrons les yeux : en 2017, les sociétés d’autoroutes ont réalisé 10,1 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Elles ont dégagé 2,8 milliards d’euros de résultat net et versé 1,7 milliards d’euros de dividendes. Rares sont les sociétés dans d’autres secteurs qui réalisent près de 30% de marge nette (dont plus de la moitié est reversée aux actionnaires). Avec une mise en concession autoroutière de la RN154, on alimente ce modèle.

    J’ajoute également que les collectivités vont injecter plusieurs dizaines de millions d’euros en subvention au futur concessionnaire. Au-delà de l’usager, c’est donc aussi le contribuable qui mettra la main à la poche. Ces moyens n’iront pas à d’autres projets peut-être plus utiles.

    Au-delà des questions économiques et financières, je suis également sensible à d’autres arguments rappelés à juste titre par les associations et nombre de citoyens. L’impact sur les communes rurales avoisinantes, avec le report de trafic des automobilistes et des poids lourds qui n’emprunteront pas l’autoroute. L’impact écologique, car le projet aboutira à la disparition de plusieurs centaines d’hectares de terres agricoles. A l’heure où la préservation de la biodiversité devient une urgence, ces questions ne peuvent pas être balayées d’un revers de la main.

    Cactus. Au contraire, le gouvernement et des ténors de votre formation politique, LREM, soutiennent le projet d’A154. Quels sont leurs arguments ? Et parmi ces arguments, lesquels sont les plus contestables, au nom de l’intérêt général ?

    Guillaume Kasbarian. LREM n’est pas à l’origine de ce projet ! Ce vieux projet, élaboré à l’époque où les concessions autoroutières étaient à la mode, est avant tout celui de « grands élus locaux ». Je leur laisse bien volontiers la paternité de ce projet.

    Leur argument principal est la nécessité d’effectuer des travaux d’aménagement, d’une part pour mettre totalement en 2×2 voies l’axe Chartres – Orléans, d’autre part pour fluidifier le contournement de Chartres et de Dreux. Je peux bien évidemment comprendre leur volonté d’effectuer des travaux. Mais, encore une fois, le recours à une société autoroutière pour les réaliser ne sera pas sans conséquence sur le pouvoir d’achat des usagers du quotidien.

    Quant à l’État, il regorge de hauts fonctionnaires friands de grands projets d’infrastructure. Dans le cas de la mise en concession autoroutière de la RN154, il s’agit pour eux de « finaliser l’axe Le Havre – Barcelone ». Et puis, l’État est toujours heureux de se débarrasser d’une route nationale qu’il n’aura plus à entretenir, puisque ce sera un concessionnaire privé qui le fera, en prenant au passage une marge confortable.

    Ces arguments vont-ils dans le sens de l’intérêt général ? J’ai la conviction que non. Je ne suis pas le seul : outre certains élus locaux qui ont eu le courage d’émettre des réserves, 70% des Euréliens qui se sont exprimés pendant l’enquête publique étaient opposés au projet. Les pages 105 et 106 du rapport d’enquête publique montrent bien que ce projet ne fait pas consensus au sein de la population.

    A l’heure de la démocratie participative, j’aurais préféré que l’on laisse les citoyens voter pour ce type de projet.

    Cactus. Croyez-vous qu’il est encore possible d’arrêter le processus ? Et si oui, avec quels moyens ?

    Guillaume Kasbarian. Certains vous diront que le projet est bouclé et sortira de terre dans les mois qui viennent. Au risque de doucher leurs certitudes habituelles, je rappelle que le parcours est encore semé d’obstacles.

    Sur le plan juridique, la Déclaration d’Utilité Publique a été promulguée mais elle est attaquée par les associations et les riverains. La procédure est encore longue, avec une procédure de mise en concurrence pour choisir le concessionnaire, le choix de ce concessionnaire…je ne doute pas que des citoyens et associations se mobiliseront à chacune de ces étapes.

    Sur le plan financier, les « grands élus » locaux, notamment à Chartres, à Dreux et au département, sont déterminés à faire avancer le projet. Ils ont réaffirmé auprès du gouvernement leur souhait que la mise en concession soit une priorité et se fasse au plus vite. Ils préparent activement leurs budgets pour verser une subvention publique à la future société autoroutière. Reste à voir si ce modèle budgétaire « tient ». Et comment les électeurs jugeront ces choix politiques et budgétaires dans quelques mois.

    Sur le plan législatif, le rôle des députés est de voter la loi et de contrôler l’action du gouvernement. Je n’ai donc pas le pouvoir de stopper un projet spécifique. Mon objectif, c’est l’intérêt général.

    Propos recueillis par Gérard Leray.

  8. « On dit merci à Jean-Pierre Gorges ?  » Oui et on résilie le bail à l’échéance des 15/22 mars prochain !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*