19 ans (3/6) : une montagne d’orgueil

En dix-neuf ans d’un règne sans partage à la fin du présent mandat (2014-2020), esquissons la situation dans laquelle Jean-Pierre Gorges aura laissé notre bassin de vie. Aujourd’hui, nous effectuons le bilan au niveau de l’urbanisme et des grands projets, du sport et de la culture.

URBANISME et GRANDS PROJETS : la charrue avant les bœufs, et la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf…

Depuis 2001, aucune politique urbaine n’a guidé l’expansion de l’agglomération chartraine : absence de PDU (plan de déplacement urbain), SCOT (Schéma de Cohérence territorial) utilisé comme outil de pression politique sur les élus des autres communes, PLU et Plan de Sauvegarde de Chartres constamment modifiés pour s’ajuster a posteriori aux projets démesurés du maire-président. L’aménagement de notre cadre de vie est aujourd’hui improvisé au gré des « gros coups » affichés par Jean-Pierre Gorges et très éloigné du vécu quotidien des habitants, selon une méthode et des objectifs dignes des années 1960 :

  • déplacements automobiles privilégiés et encouragés,
  • aucune amélioration des transports publics,
  • vision très centralisée, sans concertation au prix de nombreuses et coûteuses procédures et d’un gâchis de dépenses publiques (pour le nouveau Chartrexpo, 4 à 5 millions d’euros dépensés à ce jour en vain entre études et aménagements provisoires inutiles),
  • aucune réflexion relative à l’autonomie énergétique ou alimentaire du territoire (la dernière version du PLU chartrain a supprimé la totalité des derniers terrains agricoles),
  • création de ZAC (zone d’aménagement concerté) destructrice et dépassée (qui veut d’un méga-centre commercial au premier plan de la vue sur la cathédrale, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO ?), mais liberté totale laissée aux promoteurs pour transformer et densifier le secteur Place Drouaise de manière anarchique autour d’un noeud de l’agglomération déjà problématique,
  • aucune action menée à ce jour pour recoloniser l’habitat de l’hyper-centre dans les étages déserts des commerces,
  • grands équipements ne s’appuyant sur aucune programmation préalable, tel le Zénith programmé près de la gare au mépris des logiques de circulation élémentaires et des besoins réels : une jauge de 4 000 spectateurs à Chartres est condamnée à susciter un déficit de fonctionnement perpétuel !

Depuis 2001, en dix-sept ans de pouvoir, la montagne d’orgueil n’a finalement accouché que d’un parking de centre-ville, d’un complexe aquatique, d’une médiathèque (réussite à signaler) et d’un très encombrant chantier de pôle administratif qui semble ne jamais devoir s’achever. En revanche, la politique de la terre brûlée ne cesse d’accumuler les démolitions spectaculaires.

SPORT et CULTURE : élitisme et centralisme

Ces compétences n’étant pas communautaires, le bilan est surtout chartrain, la politique de la commune du président donnant le ton pour tous. À Chartres ou dans l’agglomération, et dans l’objectif de faire rayonner l’image de Chartres bien au-delà de la région, Jean-Pierre Gorges a fléché l’essentiel des moyens publics vers le haut niveau et le spectacle au détriment de la pratique du plus grand nombre.

Les citoyens sont avant tout invités à consommer en spectateurs des compétitions animées par des sportifs recrutés dans le monde entier (le n°1 de l’équipe de tennis de table faisait, il y a peu, l’aller-retour depuis Singapour à l’occasion de chaque match d’équipe), des animations culturelles « clés en mains » ou des spectacles « vus à la télé » dont les affiches restent visibles en ville longtemps après leurs date (pour le prestige ?). Il n’est pas oublié à l’occasion des événements culturels de faire le tri entre Chartrains :

  • nombreuses places réservées au Théâtre pour les clients du Grand Monarque ou les invités de grandes entreprises,
  • tarifs sélectifs pour une réelle participation. Pour la fête médiévale du mois de mai : 4 euros par atelier pour les enfants, et près de 100 euros pour le banquet moyenâgeux à la collégiale Saint-André !

Pendant que les plus grands moyens et les meilleurs sponsors (dont de nombreuses SPL masquant ainsi le financement public) sont mobilisés pour réaliser ces évènements de prestige, aucune politique communautaire ne voit le jour pour favoriser la diffusion et la pratique culturelle ou sportive pour le plaisir et le bien-être de la population :

  • perte de diversité de l’offre de spectacles depuis l’arrêt de la saison de l’espace Soutine à Lèves,
  • salles de jauge intermédiaire sous-utilisées (Forum de la Madeleine et salle Ravenne notamment) malgré un équipement adapté,
  • sous-équipement en lieux de pratique sportive amateur et mauvais état des lieux existants, au mépris des règlements sanitaires ou d’accessibilité et du respect des usagers. Il faut une bonne motivation pour aller faire de la gym au gymnase Aubry de Chartres, des arts martiaux dans l’ex-école Charlie-Chaplin ou de la danse au forum de la Madeleine (deux salles ne disposant pas de ventilation mécanique),
  • diminution des moyens (personnel et instruments) alloués au conservatoire de musique et de danse, ce qui limite les choix des élèves et les capacités de remplacement interne.

La situation des piscines publiques est exemplaire de cette vision éloignée des pratiques quotidiennes. L’isolement de la piscine des Vauroux (scandaleusement non communautaire) ne permet pas aux scolaires de son secteur d’en bénéficier. Depuis le nouveau schéma de l’enseignement de la natation dans l’agglomération exclusivement réservée à l’Odyssée l’apprentissage de la natation s’est dégradé au point que depuis quelques années les professeurs d’EPS ont retrouvé en 6ème – situation nouvelle – de nombreux élèves non nageurs.

Si vous partagez notre constat et souhaitez qu’une alternative mette fin en 2020 à la politique actuelle dans notre agglomération, rejoignez notre groupe citoyen, envoyez-nous votre adresse électronique à :

redac.cactus.press@gmail.com

Prochain épisode (4/6) : 19 ans, le bilan Solidarités, services à la population, écologie.

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