Chartres en misère…

Photographie prise à Naples à l'automne 2015.

Cactus a interviewé sous couvert d’anonymat un cadre d’une association caritative de l’agglomération chartraine. Son bilan de la grande pauvreté dans la capitale de Beauce devrait interpeller les responsables politiques locaux et nationaux.

1. Quel est le nombre de personnes en grande difficulté sociale dans l’agglomération chartraine ? Et quelle est son évolution ?

L’évaluation est difficile à réaliser, car nous ne comptabilisons que les personnes qui font appel à nous. Elle est probablement très minorée, à cause de plusieurs freins (psychologiques, impossibilité de se déplacer, compréhension insuffisante, etc.). Pour faire court, environ 2 500 personnes reçoivent une aide alimentaire en été, 30 à 50% de plus en hiver. Tous ces gens sont, selon nos barèmes (qui sont secrets), bien en-dessous du seuil de pauvreté.

2. Quel est le profil des gens en souffrance sur Chartres (jeunes, migrants, personnes âgées, personnes isolées, femmes, etc) ?

Tous ces cas sont représentés, assez régulièrement répartis, sans oublier des hommes récemment séparés de leur compagne. Les migrants circulent beaucoup dans la région, certains souhaitent néanmoins se fixer à Chartres. Certains de nos bénéficiaires sont issus de l’immigration (deuxième génération, regroupements familiaux).

3. Quelles sont les besoins les plus urgents ?

L’alimentation, bien sûr, mais ce n’est primordial que pour une minorité : on ne meurt pas de faim, les aides sociales jouent leur rôle. L’aide permet d’économiser sur le budget alimentation, pour consacrer cet argent à rembourser une dette, ou assurer d’autres dépenses (habillement, équipement, frais liés aux enfants). Les soins sont en général bien pris en charge, sauf pour certaines spécialités (dentisterie, acoustique, lunettes…). Le logement est bien pris en charge par l’allocation logement, qui a néanmoins diminué, beaucoup plus que les quelques euros qui avaient été annoncés. C’est plutôt 30 euros de moins par mois, ce qui est lourd pour les petits budgets. En outre, il y a des abus dans le secteur locatif privé (loyers excessifs, vétusté) et quelques marchands de sommeil.

4. Quelles sont les structures les plus investies pour leur venir en aide ?

Les Resto du coeur, le Foyer d’accueil chartrain (FAC), la Croix Rouge (ces trois-là gèrent alternativement la maraude à destination des SDF, dont le nombre varie selon les saisons), Epicerie sociale, Secours catholique, Secours populaire, Compagnons du partage, AERESP (sans-papiers), Intermarché, Lions Club. J’en oublie certainement.

5. Quelle réforme permettrait d’améliorer la situation ?

Une réforme fiscale permettant de mieux financer les aides sociales me semble indispensable. L’accès facilité au jardinage permettrait à certains volontaires une alimentation de meilleure qualité (un projet de chantier d’insertion à Chartres devrait se concrétiser l’année prochaine). Surtout, il faut cesser de considérer ces personnes comme des assistées.

2 Commentaires

  1. Le FAC participait jusqu’en 2016 à l’entretien des chemins de randonnée. Mais qui marche à part les invétérés randonneurs affiliés, les modernes traileurs et tout un tas de nombre de gens, vieux et jeunes, pas du tout La Rem mais pour qui les chemins ruraux ont un sens et sont un terrain d’exercice, d’hygiène sportive, voire de vacance et de dépaysement.
    Il y aurait tant à faire pour cet intérêt collectif tandis que la puissance publique ne peut plus soit disant faire (et pourtant elle dilapide par ailleurs et lève une taxe au taux ++ pour ce faire), l’institution ne consacre budgétairement et depuis des années, pas même le tiers de ce que la taxe lève…
    Pourrait-on d’abord arrêter l’hypocrisie de lever une taxe quasi au taux maxi si ce n’est que pour faire que la trésorerie ? l’alléger au besoin au regard de projets puérils pour réellement affecter les recettes abondées vers de vrais projets sinon environnementaux ou pour le moins en compensation d’autres politiques.
    Au demeurant, aucun projet ne valent la peine en 28 (sinon encourager des projets « associatifs » quelque peu inutiles, juste bons à paraître pour le besoin de faire plaisir et d’afficher la consommation de cette taxe »
    On a tellement laminé les structures compétentes pour instruire…
    Le secteur environnemental est encore plus enfant pauvre que le secteur hospitalier ; c’est une évidence.
    L’hospitalier gère et souffre.
    L’environnement, le milieu dans lequel on vit -cherchez l’erreur syntaxique- s’apprête à faire son propre pétage de plomb.
    L’alerte ne viendra des techniciens dévoués ou de médecins de la nature qui sont si peu nombreux que la nature en décidera d’elle-même.
    Flippez pendant de ce temps d’élections qui pourraient être contrariées du fait du convirus (à ce jour, 2 700 fois moins de morts en France que la grippe saisonnière 2018/19 pourtant pas trop virulente).
    Bordel, c’est quoi cette vieille chanson qui pollue mon message ?https://www.youtube.com/watch?v=EBpn_GjdXas
    N’écoutez pas n’importe quoi

  2. Avec un maire/t/président qui dépense sans compter et sans contrôle aux frais des contribuables, un « pognon de dingue », on ne trouve pas 80 000 € pour maintenir la section menuiserie de l’Atelier des Carnutes, un dispositif d’insertion géré par le Foyer d’accueil chartrain ! Juste scandaleux !

    https://www.lechorepublicain.fr/chartres-28000/actualites/bientot-la-fin-des-sapins-de-noel-en-bois-des-ateliers-des-carnutes-a-chartres_13707901/

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