Manrique prend la porte et revient par la fenêtre…

Jean-Charles Manrique, le plus célèbre directeur général des services (DGS) de France, quittera officiellement ses fonctions le 8 janvier 2020 au sein du conseil départemental d’Eure-et-Loir. Mais comme il n’a pas réussi à trouver ailleurs un poste de même importance, un compromis a été trouvé entre Claude Térouinard, président du CD28, et lui. Jusqu’au 30 juin 2020, c’est-à-dire après les élections municipales, Manrique sera « chargé de mission » pour la mise en place d’une Agence départementale des solidarités (ADS). Cactus voudrait bien savoir avec quelle rémunération et quels avantages en nature… Ceux de son ancien statut de DGS ?

Arrivé à Chartres à l’automne 2017 à l’invitation du président Térouinard (LR) pour nettoyer les services départementaux de l’influence de son prédécesseur Albéric de Montgolfier (LR), Jean-Charles Manrique a défrayé la chronique en obtenant de son patron un logement de fonction pour nécessité absolue de service à Orléans, à 80 km de son lieu de travail. La pression exercée par Cactus a conduit à l’annulation de ce privilège. Ensuite, notre média a pointé l’utilisation peu orthodoxe de sa carte électronique d’essence. Quant aux méthodes managériales « viriles » du sieur Manrique, elles ont porté leurs fruits. Qu’on en juge par la somme des « mouvements » qui ont affecté les cadres supérieurs de l’institution ces deux dernières années :

Les exclus : Alain ARROYO, Claudine BLAIN , Françoise CHAIX, Claire COUDY-LA MAIGNERE, Michel GALVANE, Jean-Marc JUILLARD, Yvan LEFEUVRE, Hélène LOBATO, Christophe PERDEREAU, Amélie QUENELLE, Sébastien MARTIN.

Les déplacés en interne : Thomas BOURDET, Alexis de BERTOULT, Jean-Christian BRÈS, Aurélie FOUILLEUL, Joël GAZIER, Eric GOURON, Philippe HEROUARD, Laurent LÉPINE, Adeline OLLIVIER, Stéphanie PICARD, Christine SARAZZIN, Denis SAUTEREY, Mathilde TORRE, Jean-Rodolphe TURLIN, Fabienne TALBOT, Joaquim MARTINS, Etienne DOUMERT.

Un « disparu » : William GUILLOIS.

22 Commentaires

  1. NON JC Manrique n’a pas été déboulonné en raison de vos dénonciations mais pour un tas d’autres d’amples considérations que je n’ai pas à exposer.
    Surtout, une guerre fratricide se prépare aussi qui devrait subjuguer chacun (à suivre).
    Comme pour les feux de l’amour, à presque chaque jour, son rebondissement.
    C’est franchement déplorable comme feuilleton pour les petites mains qui vivent la série et doivent cependant œuvrer pour la continuité du service public, mais la quête du pouvoir en passe par ainsi.
    Le Compa en fera les frais, pour le plus visible au public.
    Pour le reste, je pense que vous avez vos entrées pour mesurer les dysfonctionnements et la souffrance interne.
    A propos, vous souvenez vous d’un drôle de clip ; https://www.youtube.com/watch?v=4i7qGg_ySGc
    Vive l’Eure-et-loir ! si cette gageure devient encore possible

  2. Le nouveau DGS du département arrivera le 24 février. Annonce faite dans un courrier par Térouinard.
    La lettrevalloire.com l’a annoncé mi-janvier avec un bel hommage à Cactus.press en fin d’article !
    https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://www.lettrevalloire.com/affaires-publiques/2020-franck-lorho-retour-a-chartres/&ved=2ahUKEwj3-fv0-q_nAhVM6uAKHWzHDvoQFjAPegQICBAB&usg=AOvVaw23lCMk5QeiXhc6iqaAh66I&cshid=1580546652466

  3. sans vouloir tirer sur l’ambulance, ça a été aussi ma pensée en tout logique quand j’ai appris sa destitution. et aussi tout ses autres avantages de fonctions. Adepte parfois de la méthode chinoise (‘l’apprentissage en connaissant par la pratique la base’), je serai d’avis de l’envoyer en stage réel à Pôle Emploi convaincu qu’après 3 mois de démarches plus ou moins infructueuses, il saura réformer cette usine à gaz et proposer des réformes disons pragmatiques !

  4. 5 novembre 2018. À l’ordre du jour de la session du conseil départemental d’Eure-et-Loir, figure une délibération portant sur la liste des emplois ouvrant droit à l’attribution d’un logement de fonction pour «  »nécessité de service » ». Dont celui du directeur général des services pour qui, presque deux mois auparavant, le président Térouinard a signé un bail de logement de fonction à… Orléans, à 75 km de son lieu de travail…

    Mais Térouinard tombe sur un os : des conseillers évoquent une illégalité. Il décide de retirer la délibération. Pourtant, il la représentera le 17 décembre suivant, avec, cette fois, un tollé hautement médiatisé. Cactus vous livre in extenso la discussion des élus.

    «  »Rapport 3.2 : Détermination de la liste des emplois ouvrant droit à l’attribution d’un logement de fonction.

    M. BILLARD – Mes chers collègues, par le biais de ce rapport, il vous est proposé de fixer la liste des emplois de la collectivité pour lesquelles un logement de fonction peut être attribué, avec une précision que le bénéficiaire du logement supporte l’ensemble des réparations locatives et des charges locatives afférentes au logement et que le bénéficiaire souscrit aux assurances contre les risques dont il doit répondre en qualité d’occupant. Vous avez la liste devant vous.

    Mme FROMONT – Avez-vous des questions ?

    M. LE DORVEN – Monsieur le Président, mes chers collègues, je suis un peu gêné (pardon M. le Directeur général qui n’est plus là d’ailleurs) sur le logement attribué pour nécessité de service à notre directeur général, non pas qu’il n’ait pas le droit à mon sens à ce logement, mais tout simplement sur sa situation géographique à Orléans. Le juriste que je suis a été marqué par un arrêt du Conseil d’État qui concernait d’ailleurs la ville de Dreux (c’est peut-être aussi pour cela que cela m’a marqué) qui fixe les règles d’attribution du logement et la liste surtout des personnes à qui on peut attribuer ce logement. Le directeur général, évidemment, y a droit. En revanche, pour moi, la nécessité de service c’est dans la commune du lieu d’exercice de son travail, ou au pire une commune limitrophe. Je crains que cette dénomination ne soit pas la bonne, soit que le logement ne soit pas situé au bon endroit, soit qu’on ne soit pas dans la bonne case. Il me serait agréable, car je ne veux pas pénaliser tous les autres non plus, que l’on distingue le logement du directeur général (et il faudrait peut-être l’appeler autrement que logement pour nécessité de service), car cela me paraît en tout cas périlleux.

    M. le Président – Le prix du logement, qu’il soit payé à Chartres ou bien à Orléans, ce n’est pas le problème.

    M. LE DORVEN – Ce n’est pas le problème, Claude, c’est un vrai problème de légalité.

    M. le Président – Les choses ont été faites avec l’accord du contrôle de légalité.

    Mme FROMONT – Le Président, avant de s’engager et de signer un bail, a pris les précautions nécessaires. Il s’est entouré juridiquement d’un avocat, ainsi que du contrôle de légalité. Cela a été vu.

    M. le Président – Il y a en plus un problème humain personnel.

    M. LE DORVEN – Oui, mais peut-être que ce n’est pas la bonne case, du coup.

    Mme FROMONT – Malgré tout, notre directeur général des services était en congés la semaine dernière. Ceci étant, vendredi à 22 heures 30, il a reçu un coup de fil justement, il y avait un MNA à placer et c’est le seul qui a pu répondre. Il faut donc tout relativiser.

    M. LE DORVEN – Ce n’est pas le problème, je ne reproche pas la nécessité, mais c’est la forme, et non pas le fond.

    Mme FROMONT – Je comprends.

    M. le Président – Il y a eu une réponse, c’est le spécialiste au Sénat qui s’appelle Masson qui doit poser trois questions par semaine : il y a eu une réponse écrite récemment, on peut y déroger avec une délibération spécifique. Cela va dans ton sens.

    M. LE DORVEN – Du coup, c’est une délibération spécifique.

    M. le Président – Que tu paies un loyer ici ou à un autre endroit, c’est la même chose. (M. le Président explique une partie de la situation personnelle du DGS.)

    M. LE DORVEN – La nécessité absolue de service, pour moi, cela doit être dans la commune d’exercice ou au pire, si on ne trouve pas, dans une commune limitrophe.

    M. LEMARE – Je voudrais répéter mes propos que j’avais prononcés en Commission : il y a effectivement un problème familial important et on peut comprendre. J’avais dit, au lieu de louer un logement au nom du Département pour mettre à disposition de notre DGS, qu’il aurait été préférable de lui donner les moyens nécessaires (cela revient exactement au même financièrement, ce n’est pas le problème financier qui se pose) pour compenser le coût du logement qu’il soit à Orléans ou à Paris.

    M. le Président – Toi qui es un spécialiste de la question, tu vas demander trois cautions pour toi et le logement et quand c’est le Département, on n’en demande pas.

    M. LEMARE – M. Manrique ne doit pas avoir besoin de caution mais c’est plutôt là où cela pêche. Il aurait mieux valu lui donner les moyens de se loger que d’être le locataire.

    M. LE DORVEN – C’est pour cette raison que je précise que l’on n’est pas dans la bonne case, avec le logement pour nécessité absolue de service. Pour moi c’est un élément de rémunération qui est tout à fait légitime.

    M. le Président – La décision a été soumise au contrôle de légalité. On l’a fait avec l’accord de la préfecture.

    M. BILLARD – Je comprends l’intervention de notre collègue mais pourquoi ne serait-il pas possible de faire une délibération spécifique ? Si Masson a obtenu quelque chose au Sénat, c’est un événement. À mon sens, il doit être possible de faire une délibération spécifique.

    M. le Président – Il y a environ un mois, c’est une réponse qui a été publiée dans la Gazette.

    M. LAMIRAULT – Je serais également favorable à une délibération spécifique pour ne pas retarder ou risquer de retarder pour les autres. Cela permettrait d’avoir cette garantie juridique qu’on appelle tous de nos vœux. En revanche, je suis un peu en désaccord avec Jacques Lemare, dans le sens où il dit qu’il y a une situation familiale, je pense qu’on n’a pas à regarder ou à prendre en considération cet aspect.

    M. le Président – Tu m’excuseras mais je suis moi-même enfant de parents divorcés et ce sont des moments très pénibles pour les enfants.

    M. LAMIRAULT – Nous sommes entièrement d’accord mais ce n’est pas pour cette raison qu’il faut faire une exception dans nos règles.

    M. le Président – L’humanisme me perdra, mais je préfère mourir de cela que de l’égoïsme. On va régler le problème. En tout cas j’ai bien compris le sens de votre intervention.

    M. SOURISSEAU – J’avais suggéré en Commission de plutôt rechercher du côté du régime indemnitaire compensateur d’une indemnité compensatrice, c’est un peu ce que dit Jacques. Il y a quelques mois, nous avons voté un nouveau régime indemnitaire qui s’appelle le RIFSEEP qui a plusieurs éléments et qui offre des fourchettes d’indemnité qui n’ont plus rien à voir avec le passé. En qualité de Président, tu as des latitudes avec le RIFSEEP que tu n’avais pas précédemment. Je pense que l’on devrait trouver une formule.

    M. le Président – Nous avons essayé de résoudre le problème dans ce sens, avec Masson.

    M. GUÉRET – Si j’entends bien, nous sommes tous d’accord sur le fait de trouver l’habillage juridique mais habillage juridique qui a déjà fait l’objet d’un travail avec les services de la préfecture. Sur le fond, il n’y a pas de remise en cause de la décision, si ce n’est que de la manière sur la forme, de la traduire afin d’éviter, pour répondre à un certain nombre d’inquiétudes, qu’il puisse y avoir un recours, etc. Je voudrais ajouter que la législation a sans doute évolué car par le passé assez lointain dans cette collectivité, nous avons pris moins de précautions sur un certain nombre d’attributions de logement ou même à des postes très importants. Je me réjouis de voir que la vigilance qui aujourd’hui prévaut pour M. Manrique, va prévaloir pour l’ensemble des personnes qui, demain, pourraient être confrontées aux mêmes difficultés. Après sur le fond, il faut se féliciter d’avoir un DGS qui est, je crois, efficace et je regrette pour ma part que ce problème, Monsieur le Président, n’ait pas été traité, sauf si on avait obligation de le faire ainsi, en Commission Permanente. S’il est possible de faire les choses sous une forme juridique qui convient à nos collègues, à nos amis, alors il faut le faire et voir s’il est possible de présenter les choses pour la CP tout à l’heure. Cela aurait évité de mettre sur la place publique des questions qui sont de mon point de vue d’ordre plus personnel et plus privé, et cela aurait évité de placer notre DGS dans une situation que je suppose un peu embarrassante.

    M. le Président – Il ne faut jamais compliquer la vie des gens, quand la vie est compliquée.

    M. GUÉRET – Quant aux noms de celles ou ceux à qui je faisais allusion, je pourrai vous en citer tout à l’heure en privé, dans le passé, dans cette maison.

    Mme de la RAUDIÈRE – Le premier point que je souhaiterais rappeler, c’est que ce n’est pas un sujet de fond, cela fait partie du souhait de l’exécutif d’un package de rémunération qui inclut l’appartement en fait pour le DGS. Nous l’avons déjà dit en commission 3 sur ce sujet. En commission 3, nous avons aussi soulevé (je le dis pour Daniel) les sujets de légalité. Nous avions souhaité avoir communication d’un avis du contrôle de légalité. Aujourd’hui nous ne l’avons pas ; objectivement, nous ne l’avons pas ici. Il paraît donc sage de séparer les délibérations entre les logements qui seront attribués sans aucune difficulté juridique et le logement attribué à M. Manrique qui fait l’objet d’un doute. C’est juste cela d’un point de vue « légalité. » Nous vous demandons de bien vouloir séparer cette délibération. Je m’abstiendrai sur le logement de M. Manrique car il est compliqué d’expliquer à nos concitoyens qu’il y a une nécessité absolue de service quand on n’habite pas sur place par rapport à la logique, en fait, de la légalité. On s’en remet en fait, in fine, derrière au contrôle de la légalité de la préfecture. Ce n’est pas contre le fond, c’est simplement un doute en matière de légalité.

    M. le Président – Je veux bien mais vous vous souvenez de ce qui m’est arrivé ? J’ai eu un recours. J’étais dans la merde et heureusement que M. Manrique est arrivé. Même avant qu’il arrive, il m’a beaucoup aidé. J’ai personnellement une certaine dette à l’égard de cet homme qui me rend pleinement satisfaction et cela m’ennuie que ces discussions le montrent du doigt.

    Mme de la RAUDIÈRE – Pas du tout, Président. Nous avions objectivement fait une demande en Commission 3 et s’il était possible de régler cela en CP ce serait bien mieux !

    M. le Président – Nous réglerons cela en CP alors.

    Mme FROMONT – On ne peut pas déléguer ce problème à une CP. Cela doit être traité en Assemblée.

    M. GUÉRET – Rien ne s’oppose, Madame la 1ère Vice-Présidente, à ce qu’on accède à la demande de séparation et on rédige deux nouvelles délibérations que l’on représente avant la fin de la séance publique.

    Mme FROMONT – C’était la proposition que je voulais faire, Monsieur Guéret, mais parfait ! On va revoir ces délibérations et on en parle à la fin de l’assemblée. On va continuer, en attendant, à dérouler l’ordre du jour. » »

  5. En me renseignant sur cet étonnant personnage ( manrique) je m aperçois qu il est également président de l association des dirigeants des grandes collectivités ! Mais, si je comprends bien, il n est plus dirigeant de quoi que ce soit. Il faudrait peut-être le signaler à cette digne association pour qu elle en tienne compte et le sorte de là aussi…..

  6. Et pour conclure, c’est à qui qu’on dit merci ? C’est bien sûr, à Cactus ! Et c’est qui qui s’est ridiculisé ! C’est bien sûr le président CT, mais aussi la préfète SB ! Et c’est qui qui paye la pitoyable et coûteuse farce ? Devinez ?

  7. Pour la postérité, le procès-verbal intégral de la discussion qui a agité le conseil départemental d’Eure-et-Loir sur la fameuse délibération Manrique le 17 décembre 2018 (votée par seulement 15 élus). Elle illustre la fracture au sein de la droite eurélienne, entre Gorgiens (derrière le président Térouinard) et Montgolfiéristes. Que d’animosité ! Que de grossièretés ! Que de lâchetés ! Qu’on en juge :

    M. BILLARD – Mes chers collègues, vous avez la liste qui est jointe. Nous avons l’obligation de fixer la liste des emplois pour lesquels un logement de fonction peut être attribué gratuitement ou moyennant une redevance, en raison notamment des contraintes liées à l’exercice de ces emplois. Vous avez la liste qui vous a été fournie. Il y a eu quelques discussions. Ce dossier a déjà été abordé. Il n’y a rien de particulier. L’aspect juridique, apparemment, a été vu avec les services concernés (les services de la préfecture a priori.)

    M. LE DORVEN – Comme évoqué à la dernière séance, nous avions rappelé, qu’en commission, que nous avions demandé la saisine du contrôle de légalité, nous avions demandé un contrôle a priori de la délibération, ce qui n’a pas été fait. La note juridique qui nous a été fournie est certes pertinente, mais ce n’est pas un contrôle de légalité. Donc, pour cette raison, le groupe UPE (Union pour les Euréliens, ndlr) ne prendra pas part au vote, ne voulant pas bloquer le dossier.

    M. le Président – C’est moi qui ai signé. Je te demande une chose : c’est d’attaquer (tu n’es pas à un recours près), d’attaquer ma décision au Tribunal Administratif. Parce que, comme ça, tu garderas ton nom dans l’histoire. Cela donnera « LE DORVEN-TEROUINARD ». Ce sera historique. Le droit administratif, c’est un droit jurisprudentiel. Si tu veux passer à la postérité, je te conseille d’attaquer la décision que j’ai prise. Fais le ! Aies le courage de le faire ! N’hésite pas !

    M. LE DORVEN – Monsieur le Président, ce n’est pas parce que tu parles plus fort que moi que tu as forcément raison.

    M. le Président – Ce n’est pas parce que toi, tu parles moins fort que moi que tu as raison aussi.

    M. LE DORVEN – Premièrement, je n’ai pas de projet personnel, je n’ai pas l’intention de laisser mon nom dans l’histoire…

    M. le Président – Cela fait deux mois que vous me cassez les pieds avec la décision que j’ai prise. Attaquez-là, « nom de Dieu » !

    M. LE DORVEN – Non, je ne suis pas préfet.

    M. le Président – Au moins vous aurez donné un sens à cette discussion.

    M. LE DORVEN – Si je ne voulais pas voter cette délibération, je voterais « contre. »

    Mme FROMONT – Avec les lois de décentralisation, le contrôle a priori n’existe plus. La préfecture, d’ailleurs, refuserait de répondre.

    M. le Président – Tu crois que j’ai pris cette décision sans m’assurer de la décision que je prenais, juridiquement, de son bien-fondé ? Tu me prends pour un débile profond. Tu m’attaques moi, personnellement, c’est moi qui suis attaqué dans cette affaire !

    M. LE DORVEN – Pas du tout, Monsieur le Président.

    M. le Président – Si, Monsieur. Tu attaques ma décision car c’est moi qui ai signé ! Attaque-là carrément devant le Tribunal Administratif.

    M. LE DORVEN – Pas du tout !

    M. le Président – Une deuxième fois !

    Mme FROMONT – Je vais vous demander de passer au vote. Il ne sert à rien de discuter, on tourne toujours sur la même….

    Mme de la RAUDIÈRE – Nous allons passer au vote et nous n’allons pas en dire plus. Ce que voudrait rappeler c’est que le groupe UPE ne prendra pas part au vote car vous aviez pris l’engagement de solliciter la préfecture.

    Mme FROMONT – Ce qui a été fait.

    M. le Président – Tout a été fait.

    Mme de la RAUDIÈRE – Pas depuis la précédente séance. Ecoutez, nous sommes menacés par le Président de différentes choses en disant « Puisque tu es contre, attaque au Tribunal Administratif »…

    M. le Président – Nous sommes dans un État de droit !

    Mme de la RAUDIÈRE – Président, nous avons la liberté de faire ce que nous voulons et de voter comme nous voulons ! Le groupe UPE décide aujourd’hui, sur le logement de fonction de nécessité absolue de service à Orléans du DGS, nous estimons qu’il y a un point juridique pour lequel nous n’avons pas eu de confirmation et donc nous ne prendrons pas part au vote sur ce logement. Nous décidons ce que nous voulons au nom du groupe UPE.

    M. le Président – C’est une façon de désavouer ma décision, je suis désolé ! Vous décidez ce que vous voulez et je pense ce que je veux !

    Mme de la RAUDIÈRE – Eh bien oui !

    M. le Président – Tu désavoues ma décision !

    Mme de la RAUDIÈRE – Non, je ne désavoue pas ta décision, nous ne prenons pas part au vote !

    Mme FROMONT – Madame, le Président du groupe UPE a eu l’analyse juridique. On lui a demandé de bien vouloir faire l’information auprès de vous. Deuxièmement : depuis la dernière réunion à laquelle le sujet a été abordé, nous avons eu un nouveau contact avec la préfecture. Vous voulez absolument nous dire qu’on ne l’a pas fait, mais je suis désolée, cela a été fait. Daniel, s’il te plaît.

    M. GUÉRET – Monsieur le Président, mes chers collègues, nous avons eu la semaine dernière une conférence des présidents de groupes où Christophe représentait Gérard qui ne pouvait pas être parmi nous ; Christophe Le Dorven nous a fait part de cette décision. Moi, je n’ai rien à dire sur la décision ou pas du groupe UPE qui est tout à fait libre dans ses votes, simplement effectivement, en conférence des présidents, Madame Fromont qui représentait le Président Térouinard, a apporté à la question qu’avait apporté Christophe en conférence des présidents les éléments sur la consultation qui avait eu lieu, notamment avec le secrétariat général de la préfecture et à ce stade, effectivement, il n’est pas besoin de passionner ce débat. Il faut je crois, Madame la première Vice-Présidente, Monsieur le Président, passer au vote, chacun étant libre de ses votes. Il n’y a pas lieu là de faire une crise politique sur un sujet comme celui-là, si ce n’est qu’on veuille naturellement en faire un débat public à part entière. Mais moi, je n’ai pas de commentaire particulier à faire. Christophe Le Dorven a redit les choses en conférence des présidents la semaine dernière. Madame Fromont a apporté les vérifications. Laure de la Raudière explique quel va être le vote du groupe UPE, chacun est libre de ses votes et je crois qu’il faut maintenant raison garder et dépassionner cette question. Chacun prendra le moment venu ses responsabilités. La conférence des présidents que nous avons eue la semaine dernière a été très claire là-dessus, Christophe, on a eu un échange extrêmement précis et ferme. Je n’ai pas de surprise à faire valoir sur ce qui est aujourd’hui la position du groupe, si ce n’est que Christophe avait dit qu’il y aurait une liberté de vote au sein du groupe UPE, qu’aujourd’hui, le groupe UPE semble avoir une position commune et c’est tout à fait respectable et dans la liberté de chacun. Il ne faut pas donner à tout cela une importance qui n’est pas, à mon avis aujourd’hui essentielle.

    Mme FROMONT – Merci, Monsieur Guéret.

    M. SOURISSEAU – Je n’ai pas d’autres termes que les mêmes propos de Daniel derrière moi par rapport à la question. C’est-à-dire que, la liberté, effectivement, de position doit continuer d’exister, y compris au sein de cette assemblée. L’ensemble de mes collègues UPE a eu le document juridique qui est très bien construit et que personne ne remet en cause sur le plan du fond et des argumentaires qui sont développés. Les collègues ont exprimé tout à l’heure un complément de position. La décision de ne pas participer au vote nous appartient. Elle a été collective parce qu’elle est dans le symbole, simplement. Je crois, on franchit à travers cette délibération une position nouvelle dans la collectivité qui est de dire que l’on peut, aujourd’hui, accorder des logements de fonction hors département. La juridiction de notre assemblée, c’est bien notre territoire d’Eure-et-Loir au départ et c’était donc cela. C’est une nouveauté en quelque sorte. Le Président l’a souhaité, nous respectons parfaitement son choix. À travers notre vote, nous ne contestons pas du tout la position du Président. Il fait ce choix d’ouvrir (maintenant cela fera jurisprudence pour la suite) et on ne doute pas un instant que le contrôle de légalité validera ces choses.

    Mme FROMONT – Nous passons au vote. Qui approuve cette délibération ?

    Vote : le rapport 3.3 – Détermination de la liste des emplois ouvrant droit à l’attribution d’un logement de
    fonction, est adopté à la majorité (1 abstention, le groupe UPE ne prend pas part au vote).

  8. Enfin une bonne nouvelle !
    Deux années de casse du service public, de brutalité et un nombre conséquent de départs forcés ! De quoi laisser des séquelles pour quelques temps. Reste aujourd’hui un affreux gâchis et du ménage à faire.

  9. « Enfin » pour l’ensemble du personnel du Conseil Départemental et ce transfert de la procédure vers Orléans , mais d’autres dossiers euréliens doivent être ouverts par la justice , pourquoi ces « oublis » ou ces retards…….

  10. Le procureur de la république de Chartres a décidé de dépayser à Orléans une enquête judiciaire au sujet de harcèlements qui auraient été commis au sein des services du conseil départemental d’Eure-et-Loir… Suite à un signalement d’une organisation syndicale.
    Des cadres victimes vont très prochainement être entendus par la police orléanaise.

  11. Tout ça pour ça. Il paraît que le plus grand désordre règne dans les services départementaux. Un bilan calamiteux pour cette majorité.
    Pôvre terouinard qui avait fait ( toute proportion gardée)don de sa personne au département

  12. Ces exécutions n ont été possibles que sur ordre de l exécutif, c est à dire terouinard et sa garde rapprochée. Et si ce n était pas sur ordre c est avec son accord.

  13. Enfin l’Omerta tombe. Merci Cactus pour cette liste à prendre très au sérieux. Derrière les noms des morts au combat (qu’aucun d’entre eux n’a voulu) il faut rappeler les situations personnelles, familiales, bouleversées tout d’abord par des conditions de travail inhumaines puis par des ruptures brutales. A quand un monument ?

  14. Le 21 décembre 2018, Cactus lançait le premier volet de l’affaire Manrique.

    « Il était une fois Claude Térouinard, élu président (LR) du conseil départemental d’Eure-et-Loir le 17 octobre 2017 et investi le lendemain par ses 29 collègues d’une délégation de pouvoirs particulièrement riche… Sauf que dans l’histoire que Cactus va vous raconter, ledit président n’avait pas le droit de faire ce qu’il a fait.
     
    Le 11 septembre 2018, le Président a signé un bail de trois ans devant notaire destiné à l’occupation de « Monsieur Jean-Charles Manrique, directeur général audit conseil départemental d’Eure-et-Loir, sa conjointe et ses enfants, pour son usage personnel. »

    Jusqu’ici, rien d’anormal en apparence : un directeur général des services se doit d’être sur le pont et disponible en quasi permanence pour la collectivité. D’ailleurs, la concession de logement porte la mention « pour nécessité absolue de service ». Nous sommes rassurés. Mais il y a deux problèmes :

    Le premier problème est que ce logement de fonction pour nécessité absolue de service (sic) se trouve rue d’Alsace-Lorraine à… Orléans, dans les beaux quartiers du coeur de ville, à proximité de la mairie, du conseil régional et du… tribunal administratif. Mais à 75 kilomètres du siège du conseil départemental sis à Chartres !!! Bonjour la disponibilité permanente, bonjour la facture énergétique du transport, bonjour le temps gaspillé avec l’argent des contribuables euréliens !
     
    De surcroît, tout le monde sera ravi d’apprendre que la maison bourgeoise en question représente 150 mètres carrés pour un loyer mensuel de 1 800 euros (sans les charges), et que monsieur Manrique y est installé depuis le début de l’automne.
     
    Le second problème, évoqué en introduction, est que Claude Térouinard n’avait pas en septembre 2018 de délégation pour signer un tel bail… Il aurait dû s’appuyer sur une délibération préalable de l’assemblée départementale fixant la liste des emplois pouvant bénéficier du droit à être logé par nécessité absolue de service…
     
    Du côté du président Térouinard, on avance que la loi a été respectée (sic), et que Jean-Charles Manrique n’habite finalement pas si loin de Chartres, qu’en une heure, il peut rallier la capitale de Beauce. Cactus met au défi quiconque de couvrir la distance Orléans-Chartres, de centre à centre, en une heure, tout en respectant les vitesses autorisées par le Code de la route.

    L’opposition (de droite) montgolfiériste hurle (en silence) au scandale. Pour elle, l’illégalité est évidente. Pas question de soutenir l’insoutenable. C’est la raison pour laquelle les dames et sieurs Lefebvre, Hamelin, Henri, Honneur, de Souancé, de La Raudière, Minard, Lemare, Sourisseau, Lamirault, Le Dorven, Pecquenard, de Montgolfier et Puyenchet n’ont pas pris part au vote organisé par Térouinard lundi 17 décembre sur une délibération « déterminant la liste des emplois ouvrant droit à l’attribution d’un logement de fonction » (voir plus bas).

    Évidemment, la majorité (de droite) pro-Gorges a voté « la confiance » à Térouinard : les dames Fromont, Baudet, Bracco, Breton, Aubijoux, Barrault, Dorange, les sieurs Lemoine, Martial, Billard, Guéret, Marie, Masselus.

    Quant aux deux élus de « gauche », dame Lemaître-Lézin s’est courageusement abstenue, tandis que son compère Xavier Roux, définitivement à l’ouest, a offert sa voix à Térouinard.

    La délibération doit encore passer sous les fourches caudines du contrôle de légalité préfectoral. La balle est donc dans le camp de la préfète Sophie Brocas. Par ailleurs, Cactus croit savoir que l’association Anticor… »

  15. A l’instar de mes concitoyens qui viennent de s’exprimer, le bilan de ces deux années du bienveillant du 28 se résument à une gestion calamiteuse de l’humain et de l’institution. Pour féliciter ce travail pertinent et abouti, on propose à l’interessé un emploi de chargé de mission avec une rémunération défiant toute concurrence… glouglouglou

  16. Est ce que Monsieur Terouinard a pris le temps avec son équipe de remercier tous les salariés qu’il a mis au placard ou poussé a partir ?
    Il est triste que des élus félicitent une personne aux méthodes radicales et inhumaines qui a tout detruit sur son passage sans vraiment reconstruire (un peu a l’image de la mairie)…
    Demain est un autre jour ! Et chacun passera a autre chose en tournant la tete…La vie continue !
    Merci aux elus qui nous font croire que l’interet general est primordial en transigeant pour preserver leur interet personnel…

  17. Bon nombre de contractuels effectivement ont souffert d’injustices et de malveillances mais qui ne sont pas dans cette liste !

    Ne sont pas non plus dans cette liste de nombreux administratifs déplacés mais qui restent meurtris pensant à tort que leurs compétences ne sont pas à la hauteur !

    Et, à côté de cela, apparaissent étonnamment des noms quand on sait qu’ils ont été soit promus à de meilleurs statuts soit maintenus à un statut ou salaire pour avoir aidé à certains départs.

  18. Pauvre JCM, trouver un employeur aussi bon, aussi généreux avec l’argent des contribuables euréliens, aussi peu regardant sur les méthodes que le CD28 … sûr que ça va pas être facile ! Espérons que JCM a fait sa lettre au père noël …

  19. Bravo Mesdames et messieurs les élus, deux ans de massacre financier et humain au service de quels intérêts ? Pas ceux liés au fonctionnement du service public …
    Deux ans, n’est ce pas un peu long pour ouvrir les yeux ?

  20. Il aurait été possible de faire également la liste des cadres contractuels dont le contrat a été brutalement arrêté, ou celle du nombre de cadres ayant fait l’objet de poursuites disciplinaires ou encore celle de ceux en arrêt maladie…de tristes records.

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