L’affaire Lactalis racontée par Quentin Guillemain

Le Chartrain Quentin Guillemain est le premier père de famille à avoir porté plainte en décembre 2017 après la découverte de lait infantile contaminé aux salmonelles par sa fille âgée de trois mois. Son livre dévoile les scandales alimentaires, sanitaires et environnementaux du secteur agro-alimentaire. Il dénonce l’omerta qui les entoure au nom de la prévalence de la sacro-sainte rentabilité économique. Il démontre comment on peut, sans garde-fou, continuer à empoisonner nos enfants même après l’éclatement du scandale Lactalis. Aujourd’hui, il préside l’Association pour la santé des enfants, qui regroupe des centaines de familles.

L’ensemble des rapports officiels révèle que tous les acteurs ont failli à un moment ou à un autre du processus : manque d’efficacité des contrôles, fuite systématique des responsabilités, difficulté à retracer le parcours des produits incriminés, impossibilité d’obtenir des informations capitales pour les parents des victimes, silence coupable de l’État. Malgré tout, chaque citoyen alerté a le pouvoir de devenir un consom’acteur conscient et engagé pour exiger la transparence des productions alimentaires.

Quentin Guillemain, L’omerta alimentaire, on empoisonne nos enfants !, éditions Kiwi, octobre 2019, 20 euros.

1 Commentaire

  1. Cette enquête, très informée, est un modèle : comment un père, dont l’enfant a failli être empoisonnée à cause d’une firme aux ramifications internationales, se lance dans un décryptage économico-politique, qui prend parfois l’allure d’un thriller, nuitamment, dans la prospère petite ville mayennaise de Craon! Cité bien sous tous rapports, abritant une juteuse industrie à base de travail au rabais. On se prend à imaginer le sort des nourrissons malades dans des pays où le pouvoir de réaction est moindre du fait des armatures législatives moins solides. Pourtant, l’Etat français, qui rogne sur les fonctions de contrôle, se révèle de facto défaillant, et de fait complaisant avec l’industrie agroalimentaire qui a pignon sur rue. Lisez. Et souvenons-nous qu’en Beauce on a l’atrazine, les pesticides et autres fongicides, un bel arsenal mortel, sur lequel enquêter, et débattre à la faveur des municipales.

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