Et la dernière étape…

Les pièces du puzzle néo libéral en s’assemblant font sens. Et la dernière étape (qui a déjà commencé), c’est évidemment de rogner le montant des droits (le point de retraite à la baisse, une indemnisation chômage dégradée, etc.), afin de permettre au privé d’enfin se goinfrer : développement d’une retraite par capitalisation (pour ceux qui en auront évidemment les moyens), banques et assurances n’attendant que ça, une assurance chômage privée (pour ceux qui en auront évidemment…), et c’est déjà ce qui se passe avec les mutuelles pour la santé (enfin pour ceux qui en ont…), et c’est en cours avec les réformes de l’Éducation nationale (lycée, bac et Parcoursup).

En fait, l’État appauvrit le secteur public de la santé et de l’éducation au nom des économies budgétaires et de la lutte contre une dette publique qui, souvenons-nous, est héritée de la dette privée du secteur bancaire et financier. Il reprend en main les différents secteurs cogérés avec les représentants des salariés pour mieux les offrir au secteur privé, mais sans privatisation, uniquement en restreignant les droits, le montants des droits ou le périmètre du service public (santé, éducation). Bravo !

Kritik

4 Commentaires

  1. Transmis par Kritik, un texte qu’il avait rédigé en 2011 ; il demeure d’actualité.

    En Europe, la souffrance sociale ne fait que commencer…

    […]
    Explication à travers la crise actuelle.

    Principe : la crise financière se transmet à l’économie réelle par le canal du crédit.
    La finance des marchés (Cf. Lordon) (dérivés de crédits… ) génère une bulle spéculative (à base de subprime) qui finit par éclater.
    Les banques perdent leur magot et, pour se refaire, ferment le robinet du crédit et par là étranglent les économies.
    Les pouvoirs publics interviennent pour éviter une crise systémique (effondrement en chaîne) : garanties aux banques, prêts aux banques et prises de participation (pas en France mais aux USA, en G-B).
    Avec le recul, le coût de ce renflouage est finalement faible car les garanties n’ont pas servi, certains états ont fait des plus-values sur la revente des prises de participation et les prêts ont été remboursés avec une marge.

    Cependant, sans le soutien massif de l’économie par les États à travers les plans de relance – aides à l’investissement, à la consommation, aides sociales pour amortir le chômage massif… – de nombreuses créances détenues par les banques seraient devenues à leur tour pourries (faillites des entreprises, des particuliers…). F. Lordon appelle cela le second sauvetage des banques, à juste titre. Mais celui-là a coûté très cher aux finances publiques : dégradation des déficits publics et augmentation de l’endettement des États.

    En résumé, la finance (privée) de marché a refilé ses déficits (privés) aux finances publiques et les « 3 salopes » (agences de notation) attisent le feu sur les «monstrueux » déficits publics, que des États incompétents et dépensiers auraient créé !

    [.]
    Pourtant, pour les ultra-libéraux, la situation n’a jamais été aussi bonne : l’obligation, assénée par les marchés, de réduire les déficits va permettre, enfin, de tailler dans les dépenses sociales, de privatiser l’éducation, la santé… et permettre le développement tant désiré d’un marché de l’école, de la santé… Bref le triomphe du marché sans limite !
    […]
    Les peuples vont déguster le menu concocté par l’oligarchie politico-médiatico-financière au pouvoir.
    En Europe, la souffrance sociale ne fait que commencer… à moins que prenant exemple (tragique) sur les grecs, les peuples européens se décident à brûler les banques…

    Kritik

  2. Pompidou a bossé 10 ans à la banque Rothschild avant de devenir premier ministre et de pondre la loi 73-7 du 3 janvier 1973 concernant la réforme de la Banque de France et qui oblige l’État français à emprunter (et donc payer des intérêts) sur les marchés financiers
    À la date de 2016, la France a payé en 42 ans (depuis 1974) un cumul de 1650 milliards d’euros d’intérêts ! Kritik

  3. Si on rajoute les retraites des fonctionnaires(non financées) et le hors bilan plus tous les artifices comptables que se permet l’Etat on est à plus de 4200 milliards!!!quand on aime on ne compte pas.

  4. Bonjour, pouvez-vous donner les détails de l’origine de la dette, et nous dire sur les 2000 Milliards combien sont dû à quoi ? Le secteur bancaire et financier n’est-il pas privé depuis que G Pompidou a fait passer une loi qui d’une part (je crois, je ne suis pas certain) autorisait une budget de la France non équilibré, et d’autre part obligeait la France à emprunter au privé. Mais peu importe, votre propos est passionnant. Quel est la répartition de notre dette ?

    Merci

    Merci,
    Christophe Prat

Les commentaires sont fermés.